[Tribune] À l’attention du ministre de l’Éducation nationale du Mali

L’action initiée par Madame la Directrice de l’Académie d’Enseignement de la Rive droite, portant sur l’arrêt des activités scolaires des établissements privés qui ne seraient pas conformes à la décision N⁰ 2020-002611/MENESRS-SG du 11 septembre 2020, ne me semble pas appropriée.

Elle pouvait par contre mobiliser ses équipes afin de vérifier l’état d’exécution des programmes officiels dans chacun des établissements concernés, avant d’entamer une quelconque action.

Je suis certain que d’ici fin octobre, la plupart des établissements privés auraient terminé avec le programme annuel.

Ces écoles devraient-elles continuer à maintenir les élèves en classe jusqu’au 23 décembre ? Pourquoi ? Et comment ?

Le département semble par moment oublier que les promoteurs sont des gestionnaires qui sont dans l’obligation de faire non seulement du résultat, mais doivent en plus assurer les multiples charges de fonctionnement de leur structure.

Par conséquent le temps devient une ressource précieuse.

Au-delà de cet aspect, ouvrir l’école en janvier, obligerait ses acteurs à travailler pendant l’hivernage. Et cela risque de modifier pour longtemps notre calendrier de la rentrée.

Pour éviter ce scénario, qui ne me semble pas productif, tous les efforts devraient plutôt privilégier une réouverture des classes le plus tôt possible afin d’aller le plus rapidement vers la normalité.

Au niveau du premier cycle du fondamental, nous savons que nous avons un fonctionnement par cycles : la 1re et la 2e année sont des classes d’initiation. Le programme est presque identique.

Idem pour la 3e et la 4e année, qui sont des classes d’adaptation.

La 5e et la 6e année sont des classes d’orientation.

Ce qui fait dire qu’un petit retard sur le programme de la 3e se compense bien en 4e année.

Idem pour les élèves de 5e année qui se rattraperont normalement en 6e année.

En réalité si les cycles fonctionnent normalement, les gestionnaires du système ne doivent pas se faire trop de souci au fondamental pour ce qui concerne l’exécution du programme officiel.

Tout cela devrait être discuté entre les acteurs de l’école s’il y avait une réelle concertation. Elle devrait permettre d’harmoniser les points de vue.

Dans le journal télévisé de l’ORTM du 03 novembre 2020 – émission de 20h, toute la communauté éducative a noté la position favorable du ministre de l’Éducation à l’esprit de la lettre de la directrice de l’académie.

J’avoue sincèrement être surpris par cette décision prise sans au préalable une consultation avec le bureau national de l’association des écoles privées.

La culture de la décentralisation impose à tous la saine coopération des acteurs. Ceci nous éviterait de créer des problèmes qui ne devraient pas exister.

L’intérêt des enfants doit être au centre de toutes les préoccupations.

Le département gagnerait à laisser l’initiative de la rentrée aux établissements scolaires, en veillant sur les contenus officiels à enseigner, sur la qualité des apprentissages, sur la progression dans le programme et enfin sur les évaluations.

À vouloir tout décider d’en haut, notre institution scolaire perdra les vertus de sa décentralisation, acquises suite à la loi d’orientation de 1999.

Sadia KEITA Promoteur du Groupe Scolaire Oumar BAH de Kalabancoura

Phileingora

Fousseni Togola est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants », de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA). La même année, il est lauréat du "Prix de Reconnaissance des Médias « Restez à la Maison », dans la catégorie presse en ligne au Mali, de la fondation Merck.

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