Migration : le Coronavirus livre une clé de compréhension

La lutte contre le coronavirus donne une nouvelle compréhension du phénomène migratoire. En s’appropriant de cette expérience, une solution plus juste pourrait être trouvée à ce flux migratoire irrégulier.

Alors que le monde est contraint au confinement par un minuscule virus, les citoyens de plusieurs pays se sont montrés impatients à pouvoir sortir. Reprendre leurs activités, le plus vite possible, était leur plus grande ambition. Sortir de l’inactivisme pour aller à la découverte du monde. Devant une telle situation, beaucoup de pays ont été contraints à lever des mesures barrières mises en place suite aux pressions populaires. Pour une meilleure gestion de cet état de fait, une coopération nationale et internationale est mise en place. Des solutions quasi harmonieuses ont été adoptées par les États.

Volonté de sortir de soi

 Cette expérience de la Covid_19 doit permettre une meilleure compréhension des mouvements irréguliers de migrants. Les migrants sont des hommes et femmes, jeunes comme adultes frustrés par les réalités socio -politico-sécuritaires de leur pays de départ. Des statu quo qui les poussent à sortir d’eux-mêmes pour aller à la quête d’un meilleur vivre.

À travers la Covid_19, ne comprenons-nous pas que rester sur une place fixe dérange l’être humain ? Celui-ci veut toujours être à la quête du monde, interagir avec le monde, découvrir l’inconnu. Ce désir se trouve être exprimé dans les manifestations ayant conduit aux vagues de déconfinements dans le monde. C’est le même désir qui anime les migrants. 

Briser les murs de protection

Après l’épisode du Coronavirus, les pays doivent alors changer de ligne de coopération. À l’instar des mesures quasi harmonieuses mises en place dans la lutte contre le Coronavirus, ils doivent adopter des mesures pour assurer des migrations plus justes et sécurisées. Il serait plus judicieux de mettre rapidement en œuvre le « Pacte global pour des migrations sûres, ordinaires et régulières » adopté en juillet 2018 par des chefs d’État, de gouvernement et de hauts représentants. Un pacte qui vise un engagement collectif afin d’« améliorer la coopération en matière de migration internationale ».

Rien ne sert de fermer les frontières parce que des milliers d’hommes animés par le même désir de découverte et de quête de vie meilleure ne verraient pas ces fermetures comme un obstacle. Ils seront toujours prêts à forcer ces interdictions parce qu’ils sont animés par ce désir de soi et aller à la découverte de l’inconnu ou d’une vie meilleure. Ce désir anime tous les êtres. Brisez donc les murs de protection et laissez circuler les humains !

F. Togola

Phileingora

Fousseni Togola est né à Fana, dans la région de Koulikoro. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou, au Mali. Aujourd’hui, M. Togola est détenteur d’un Master en philosophie, obtenu à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants » et de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. Il occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal malien Le Pays. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA).

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