Les chefs d’État africains et leur mystère de candidature

Alors que beaucoup de doutes planent sur la volonté d’Alpha Condé de tailler la constitution guinéenne sur mesure afin de briquer un troisième mandat, le chef d’État préfère créer le suspense. En Afrique, on a l’impression que nos chefs d’État aiment créer des mystères autour de leur candidature.

« C’est le parti qui décidera. Ce n’est pas un homme qui se présente, c’est le parti qui se présente. » Ces propos du président guinéen, lors d’une interview accordée à France 24 et RFI, ce mardi 11 février 2020, au sujet de sa candidature pour un troisième mandat, sont assez révélateurs et prêtent à confusion.

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En effet, il est de coutume en Afrique que les chefs d’État refusent de se prononcer, de façon limpide, sur leur candidature à leur propre succession.

On se rappelle du passage du président malien, Ibrahim Boubacar Kéita, sur la TV Al-Jazeera, en 2018. Interrogé sur sa candidature, le chef d’État a laissé entendre : « En tant que croyant, je m’en remettrai à Allah. Je ne suis que l’humble instrument de sa volonté ». Une intervention qui a fait couler beaucoup d’encres et de salives jusqu’à ce qu’il se décide, à trois mois des élections, de déclarer officiellement sa candidature. Comme pour dire que c’était finalement la volonté de Dieu.

Au Bénin

Au Bénin également, Patrice Talon crée le suspense. Interrogé, en novembre 2019, par France 24 et RFI sur sa candidature, le chef d’Etat béninois a donné cette réponse lapidaire : « Je n’ai pas encore décidé, mais je continue d’aviser et au moment opportun, vous serez informé ». Pour Talon, 2021 nous confirmera ou infirmera l’induction.

Le virus se répand

Comme ces deux, le chef d’État guinéen fait comprendre que pour le moment, il a d’autres priorités, parmi lesquelles sa candidature aux élections prochaines n’y figure pas : « Pour le moment, ce n’est pas mon souci. Mon souci : j’ai un programme pour la Guinée, c’est sur ce programme que je me penche. »

Cette intervention d’Alpha Condé, comme celle de Patrice Talon, cacherait bien leur volonté à candidater à leur propre succession. On se demande bien pourquoi les chefs d’État du continent aiment créer des mystères autour de leur candidature. Sûrement pour prendre le pouls de leur population.  

Togola

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