Khalilou Bougounno Sanogho, auteur de « Les Pans de la vie » : « Aucun citoyen dans le monde n’est à l’abri des rayonnements ionisants »

Après avoir occupé plusieurs hautes fonctions de l’Etat, Khalilou Bougounno Sanogho soulage les peines qu’impose la retraite avec l’écriture. Il publie un premier ouvrage, « Les Pans de la vie », chez les éditions La Sahélienne, en 2020. Un ouvrage dans lequel il expose ses parcours ou plutôt ses expériences de la vie. Pour mieux nous imprégner du contenu de cet ouvrage, nous avons rencontré pour vous l’auteur. 

Phileingora : après des années de services rendus à la nation, comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Khalilou Bougounno Sanogho : je me sens très bien. Je suis à la retraite depuis cinq ans. Je me réjouis d’avoir servi avec loyauté l’État malien au moins pendant 34 ans. Pour moi, c’est un réconfort moral dont je me réjouis pleinement. 

Vous venez de publier « Les pans de la vie » chez les éditions La Sahélienne. Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire cet ouvrage ?

Après tant d’années de services en direction de l’État, j’ai jugé utile et nécessaire de rédiger mes mémoires. Cet ouvrage est en somme une autobiographie. Ceci pour faire part de mes expériences vécues ainsi que les récits d’événements qui ont marqué ma vie familiale, mon enfance, l’école, ma carrière administrative, le milieu rural et enfin la retraite administrative. 

Avez-vous rencontré des difficultés dans la publication de ce livre ?

Je n’ai pas rencontré de difficultés. Je voudrais d’ailleurs saisir l’occasion pour remercier et féliciter les éditions La Sahélienne, qui, à travers sa collection les 50 Voix, a bien voulu publier ce livre. Que le directeur de cette publication soit vivement remercié ! 

Votre livre nous montre les hauts et les bas de l’évolution technologique. Pensez-vous que les Lumières ont constitué le début de la déshumanisation ?

Une invention se fait généralement pour le bien-être des populations. Mais si on l’utilise à d’autres fins, elle devient dangereuse pour les civilisations, les générations. C’est ce qu’il faut toujours éviter, bannir. 

Quand on fait une invention, il y a le côté positif et il y a le côté négatif. Les inventions peuvent être bénéfiques pour l’humanité si on en fait un usage conséquent. Mais si on les utilise pour assouvir certains intérêts, on plonge dans le néant et c’est le chaos pour l’humanité. 

Alors que préconisez-vous à nos États ?

D’abord d’être à la hauteur de toutes les découvertes. Ce qui manque à l’Afrique, c’est l’industrialisation. Nous allons dans les mêmes écoles que ces Européens, que ces Occidentaux, mais au sortir de ces écoles, nous ne pensons qu’à chercher à nous nourrir. Or, il faut chercher à améliorer le cadre de vie des populations.

Avec l’histoire de la covid-19, les génies africains ont commencé à se réveiller. On a commencé à inventer des équipements sanitaires. Mais c’était inimaginable. 

Aujourd’hui, il y a des pays comme le Ghana, le Burkina Faso, qui se sont lancés dans les conquêtes spatiales avec la mise en orbite de satellites. C’est le génie africain qui se réveille. Il est temps que ce génie se réveille.

Vous expliquez dans « Les Pans de la vie » d’avoir été victime d’une tentative d’assassinat au moyen de rayonnement ionisant pendant que vous jouissiez de votre retraite administrative. Dites-nous ce qu’un rayonnement ionisant ?

Un rayonnement ionisant est un rayonnement émis par une substance radioactive. Il est dit ionisant parce qu’il est capable de transporter de l’énergie et de la déposer au niveau d’un corps et d’une matière. Cela est appelé le phénomène d’ionisation. C’est ce qui fait la dangerosité de ce rayonnement. 

Un corps, qu’il soit solide, liquide ou gazeux, est constitué d’atomes. Parmi les atomes, il y en a qui sont instables. On les appelle les radionucléides. Il s’agit de  substances radioactives  naturelles comme l’uranium, ou artificielles telle que le plutonium. 

Ce sont ces atomes instables qui se transforment spontanément en perdant de l’énergie tout en revenant progressivement à un étatstable. Au cours de ce processus, ce sont des particules qui sont émises. On les appelle photons. Le flux de ces photons constitue le rayonnement ionisant.

D’une manière générale, il y a lieu de retenir qu’une substance radioactive émet à la fois plusieurs rayonnements ionisants. Au total, il y en a cinq : Alpha, Bêta, gamma, X et neutronique. Les deux premiers ont un faible pouvoir de pénétration. Par contre les trois autres sont très dangereux. Ces rayonnements peuvent parcourir, dans l’air, des centaines de mètres, puis traverser les habits et le corps. En traversant le corps, ces rayonnements déposent de l’énergie qui détruit les cellules du corps. Ce sont ces mêmes rayonnements qu’on utilise dans l’énergie et la santé. C’est ce qui constitue le côté positif de ces rayonnements. 

C’est avec ces rayonnements que nous faisons la radiothérapie, la radiographie, la médecine nucléaire. Ils donnent de l’énergie électrique aussi. On fait également le contrôle de la production industrielle avec ces rayonnements. 

Toutefois, ces rayonnements restent aussi dangereux. Surtout qu’aucun organe de sens de l’homme ne peut permettre de les détecter. Quand on vous éjecte ces rayonnements, vous ne les sentez pas tout de suite. Mais 15 ou 30 minutes après. Ce que vous ressentez au niveau de votre corps, c’est la crispation des nerfs, les pertes de vue, les troubles gastriques, les troubles cardiaques, l’éclatement des intestins.

Les puissances qui maîtrisent la technologie nucléaire sont en mesure de fabriquer des sources de rayonnement ionisant, c’est-à-dire des générateurs de rayonnement ionisant. Elles font cela en véhicules embarqués et elles vous arrosent dans la circulation routière. Aujourd’hui, aucun citoyen dans le monde n’est à l’abri des rayonnements ionisants.

 Je me fais donc un porteur d’alerte au monde entier, à la communauté internationale ainsi qu’aux autorités nationales pour dire que si l’on ne prend garde, ce sera le chaos pour l’humanité. Parce que ce sont des systèmes aujourd’hui qu’on utilise pour exterminer les citoyens africains.

Celui qui lira « Les pans de la vie » sentira qu’en Afrique, il y a une puissance qui détient ce dispositif dans chacun des pays de ce continent. Je vous laisse le soin de méditer sur la mort des hommes célèbres en Afrique. Quand on décrit un chat, on n’est pas obligé de le nommer.

Pourquoi une tentative d’assassinat sur votre personne à travers ce rayonnement ?

Dans le temps, j’ai milité. Mais vers les années 1990, j’ai arrêté de faire la politique pour me consacrer uniquement à mes tâches administratives. Je ne suis dans aucune association ni dans un parti politique. Serait-ce en rapport aux hautes fonctions que j’ai occupées ? Une puissance se serait-elle sentie lésée dans l’exercice de mes fonctions ? Je n’en sais rien. Mais ce ne peut être que cela. Mon dernier poste occupé est l’ASECNA qui est une organisation internationale.

Pourquoi devons-nous lire « Les pans de la vie » ?

C’est une autobiographie assez importante. Il pourrait être une source d’inspiration pour ceux qui veulent écrire leur autobiographie. Je ne prétends pas avoir le meilleur écrit, mais je pense qu’on peut s’en inspirer. J’ai voulu aussi partager toute ma carrière administrative, les expériences que j’ai vécues avec les générations actuelles, mais aussi les générations futures. Je fais part des négociations que j’ai menées au nom de l’Etat malien ainsi que les actes bénéfiques que j’ai posés au profit du Mali. Je conseille vraiment ce livre aux lecteurs.

Comptez-vous vous limiter à cet ouvrage ou y’a-t-il des projets d’écriture en cours ?

Oui, j’ai en vue un second livre qui va paraître bientôt. Je ne vais pas m’arrêter. Parce que je pense que j’ai pris goût à l’écriture. 

Réalisé par Fousseni Togola

Phileingora

Fousseni Togola est né à Fana, dans la région de Koulikoro. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou, au Mali. Aujourd’hui, M. Togola est détenteur d’un Master en philosophie, obtenu à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants » et de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. Il occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal malien Le Pays. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA).

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