Fête du 8 mars: Alima Madina invite les femmes à «se réveiller du sommeil dogmatique »

À l’occasion de la fête du 8 mars, nous avons approché Alima Madina, écrivaine et philosophe congolaise. Elle nous parle des acquis et des défis qui restent à relever par les femmes. Elle demande aux femmes de se réveiller pour prendre leur destin en main.

Phileingora : c’est la fête du 8 mars, quelle analyse faites-vous de la situation de la femme africaine ?

Alima Madina : dans nos pays d’Afrique, la situation de la femme laisse encore à désirer. Pourquoi ? Parce que la femme est toujours exploitée. L’exploitation de la femme par l’homme date de 1000 ans avant l’exploitation tant décriée par Karl Marx. Elle date, elle sévit, elle règne. La femme est aujourd’hui exploitée. Dans certains milieux, il y a des hommes qui exigent de la femme une participation non appréciable ; des hommes qui ne tiennent pas compte de la femme en fonction de sa valeur intellectuelle ; des hommes qui regardent la paraître, la beauté de la femme, qui exploitent même cette beauté et il y a des femmes qui se laissent exploiter. Non, ça doit un jour prendre fin. Les femmes doivent se réveiller du sommeil dogmatique. Les femmes doivent être un jour capable de prendre en main leur destin.

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Beaucoup estiment que ce combat pour l’émancipation des femmes n’est que celui des citadines. Que répondrez-vous ?

C’est une mauvaise lecture. J’ai rencontré dans les villages de mon pays, des villages éloignés, des femmes qui se battent pour prendre leur destin en main. Vous savez que je suis du Congo Brazzaville. Mais essayer un peu de voir à quelle heure les femmes se réveillent. À 3 h du matin, elles sont déjà debout qui pour faire du manioc, qui pour cultiver son champ. Tout simplement, les femmes contribuent à l’économie du pays, à la bonne marche, au bien-être de l’homme en général. Ça, ce n’est que le début du réveil. Avec le temps, les hommes vont accorder à la femme la place qui leur revient.

Il paraît que vous les femmes instruites, vous ne vous impliquez pas assez en politique et que c’est ce qui handicape le combat pour l’émancipation de la femme. Confirmez-vous ce cri de cœur ? Qu’en est-il réellement ?

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Dans mon pays, il y a de grandes intellectuelles et elles participent aux affaires politiques. Émilien Raoul, c’est une femme politique. Donc, cette thèse, elle n’est pas crédible.

Dans votre pays ?

Bien évidemment, dans mon pays, cette thèse n’est pas crédible parce que les femmes sont présentes, elles sont là. Elles sont cinq à l’université. Elles sont également au sein des partis politiques. Elles contribuent à la bonne marche de l’organisation du pays.

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Mais jusqu’à présent, pas de femme présidente 

Ça viendra.

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