L’environnement sain, gage de vies saines

Les manifestations se multiplient dans nos pays. La plupart se font de façon violente, notamment à travers des incinérations de pneus. Ces pratiques ne sont pas sans conséquence sur l’environnement. La protection de la planète passe aussi par un changement de comportement de chacun de nous.

« À ce jour, la pandémie de COVID-19 représente l’avertissement le plus sérieux lancé par la planète enjoignant l’humanité à changer de cap ». Cet avertissement du Programme des Nations Unies pour l’environnement sied bien au contexte du Mali voire de beaucoup de pays.  

Violation du droit à un environnement sain

Consciemment ou inconsciemment, nous contribuons au changement climatique. En réclamant nos droits, nous portons atteinte au droit des autres en termes d’accès à un environnement sain.

Lire aussi Comment les changements environnementaux font émerger de nouvelles maladies

Les incinérations de pneus et les jets de gaz lacrymogène constituent des pratiques courantes lors des marches de protestation contre un statu quo dans de nombreux pays.

Depuis les manifestations anti-référendum du mouvement An tè A Bana en 2017 jusqu’aux protestations contre les résultats définitifs des législatives proclamés par la Cour constitutionnelle en mai 2020, les incinérations et les jets de gaz sont mis en avant au Mali. Ajoutons à ces cas, les protestations à Kayes contre l’assassinat d’un jeune homme par un agent de police durant le même mois de mai 2020. Toutes ces manifestations ont apporté leur lot à la détérioration de notre maison commune.

Pollution atmosphérique

Les incinérations de pneus, de lieux publics dégagent des fumées toxiques qui contribuent à la détérioration de la planète en raison du gaz carbonique (CO2) que ces fumées peuvent contenir. Cela demeure pratiquement de même pour le largage de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre.

Lire aussi Face à la Covid_19, quel avenir pour les ODD ?

Pour le gaz lacrymogène, des études sont encore en cours pour mieux déterminer ces effets directs sur l’environnement. Mais selon Charbel Afif, directeur du département de chimie à l’Université Saint-Joseph et spécialiste en pollution de l’air, « lors du refroidissement de la fumée, le gaz retrouve son état initial et se maintient dans l’air entre cinq et dix jours de façon plutôt active, sous la forme d’une poudre solide et invisible à l’œil nu »

Dans nos pays, combien de manifestations fonctionnent sur la base d’incinération de pneus et de jets de gaz lacrymogène ? Difficile de déterminer le nombre. Car aujourd’hui rares sont les pays qui sont stables. Or, rarement les citoyens sortent manifester sans s’adonner à ces genres de pratique.

Lire aussi Lutte contre le réchauffement climatique : après le coronavirus, réformer les économies

Ces actes en plus de porter atteinte à l’environnement soulèvent également des questions en matière d’assainissement. Sur tous les endroits des voies publiques où des incinérations de pneus ont eu lieu au Mali, nous constatons déjà des dégradations de ces parties en raison de l’effet du feu. À travers ces actes, nous contribuons non seulement à la détérioration des biens publics, mais aussi à leur salissement. Les images que nous avons vues du cas de Sikasso illustrent bien ce dernier problème.  

Effort sur soi

Si la liberté de manifester est un acte constitutionnel, la protection de l’environnement est un devoir de survie. Une lutte efficace contre le réchauffement climatique passe par un changement de comportement de la part de chacun de nous. Il faut un conatus de la part de chaque citoyen pour que nous soyons des « citoyens de la Terre ».

Lire aussi Crises dans le monde : pourquoi il faut revisiter la « sélection naturelle » de Charles Darwin

Un environnement sain assure des vies saines. Le meilleur monde que nous recherchons doit intégrer la protection de l’environnement. Car la détérioration progressive de celui-ci ne peut qu’avoir des impacts négatifs sur notre quotidien de vie et ralentir l’accès à ce meilleur monde.

F. Togola

Phileingora

Fousseni Togola, fondateur et directeur de publication de Phileingora. Né à Fana, dans la région de Koulikoro, j’ai obtenu mon baccalauréat au lycée Cabral de Ségou au Mali. Je possède une Maîtrise en Philosophie obtenue à la Faculté des Sciences Humaines et des Sciences de l’Éducation (FSHSE) de Bamako. Après cette Maîtrise, j’obtiens mon Master à l’ENSUP de Bamako. Présentement, je suis professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Je suis auteur de plusieurs livres dont « La société close et ses militants » et « Féminitude ». J’ai bénéficié de maintes autres formations notamment les techniques d’enquêtes en journalisme et en bloging ainsi que la Technique de l’édition. Je suis membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :