Droit des femmes : quel rôle le commerce joue-t-il dans la promotion de l’égalité des femmes ?

Intitulée « Les femmes et le commerce : le rôle du commerce dans la promotion de l’égalité des femmes », une nouvelle étude du Groupe de la banque mondiale en collaboration avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) met en lumière la nécessité de lutter contre les discriminations à l’écart des femmes dans le secteur du commerce. Une lutte nécessaire pour la promotion de l’égalité des femmes et le développement des pays.  

Dans un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale, il est indiqué que « les échanges commerciaux contribuent à combler l’écart de salaires entre hommes et femmes, tout en créant de meilleurs emplois pour celles-ci ». Pourtant, il n’en sera pas ainsi si les discriminations à l’écart des femmes dans ce secteur du commerce ne sont pas brisées.

Discriminations économiques à l’écart des femmes

En termes de discrimination, cette étude déplore que les produits destinés à la consommation des femmes soient vendus plus cher que ceux destinés aux hommes. Cela reste de même pour le secteur de l’habillement où les prix des articles pour les femmes sont globalement supérieurs de « 2,77 milliards de dollars à ceux des vêtements pour hommes, un écart qui a augmenté d’environ 11 % en termes réels entre 2006 et 2016. De telles disparités concernent les consommatrices du monde entier », précise le communiqué de presse du 30 juillet 2020 de la Banque mondiale.

Impliquer davantage les femmes

Cette étude fait comprendre que les entreprises intégrées aux chaînes de valeur mondiales emploient 33 % de femmes. « Lorsque les pays s’ouvrent au commerce, la part des salaires des femmes dans le secteur manufacturier augmente de 5,8 points de pourcentage en moyenne », écrit-on dans le communiqué de presse avant de souligner la nécessité d’impliquer les femmes aux secteurs exportateurs. Car elles auront plus de chance d’occuper un emploi formel. « Ce qui signifie plus d’avantages sociaux, une meilleure formation et une plus grande sécurité d’emploi », indique la même source.

Selon Mari Pangestu, directrice générale de la Banque mondiale pour les politiques de développement et les partenariats, « le commerce a le pouvoir de renforcer le rôle des femmes dans l’économie et d’atténuer les disparités avec les hommes en leur offrant des possibilités d’emploi plus nombreuses et de meilleure qualité ». À l’en croire, « Exploiter ce potentiel sera encore plus important dans un monde post-COVID. »

Une étude pour les chercheurs

Élaboré en étroite collaboration avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ce nouveau rapport fait voir un ensemble de données permettant une « analyse approfondie et inédite de l’incidence du commerce extérieur sur la situation des femmes ». Grâce à ces données, les chercheurs pourront comprendre la façon dont les femmes travaillent, dans quel secteur elles sont employées, combien elles gagnent. Elles permettent également de voir si ces femmes participent de près ou de loin au commerce mondial.

Grâce aux résultats de cette étude, les pouvoirs publics sont susceptibles de mesurer la manière dont leurs politiques commerciales affectent différemment les femmes et les hommes.

Recommandations

Il importe de lutter contre les discriminations dont les femmes sont le plus souvent victimes dans le cadre des politiques commerciales, indique-t-on dans cette étude. « Si aucun pays n’impose ouvertement des modes de fixation des prix en fonction du sexe, les préjugés implicites peuvent déboucher sur des “taxes roses” économiquement préjudiciables aux femmes », précise le communiqué du Groupe de la banque mondiale.

Il est alors urgent d’aider les femmes. C’est pourquoi ce rapport finit par recommander des politiques ciblées afin d’aider les femmes à tirer le plus grand parti des avantages du commerce. Pour ce faire, il faut inviter à briser les barrières commerciales qui entravent la participation des femmes aux marchés internationaux et d’améliorer leur accès à l’éducation, aux services financiers et aux technologies numériques, recommande-t-on. Aux gouvernements, cette étude demande la conception de mesures de facilitation des échanges pouvant éliminer les obstacles spécifiques aux femmes. Dans la même optique, il faudrait remédier à la lourdeur des contraintes douanières, au manque d’accès aux crédits commerciaux et aux risques d’extorsion ou de harcèlement physique aux frontières auxquels les femmes sont confrontées.

Fousseni Togola

Phileingora

Fousseni Togola, fondateur et directeur de publication de Phileingora. Né à Fana, dans la région de Koulikoro, j’ai obtenu mon baccalauréat au lycée Cabral de Ségou au Mali. Je possède une Maîtrise en Philosophie obtenue à la Faculté des Sciences Humaines et des Sciences de l’Éducation (FSHSE) de Bamako. Après cette Maîtrise, j’obtiens mon Master à l’ENSUP de Bamako. Présentement, je suis professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Je suis auteur de plusieurs livres dont « La société close et ses militants » et « Féminitude ». J’ai bénéficié de maintes autres formations notamment les techniques d’enquêtes en journalisme et en bloging ainsi que la Technique de l’édition. Je suis membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens.

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