#DevoirDeConscience3 : le jour où sa famille a été assiégée et son père assassiné

Les belles choses ne durent pas assez longtemps. Les joies de Seydou seront de courte durée. Pendant qu’il était pressé de se voir en classe supérieure, son village est attaqué par des hommes armés.
N’oubliez pas, c’est une série de billets fictifs. Les noms utilisés n’ont rien à voir avec une histoire réelle.

Le village a eu la visite d’autres coqs réveilleurs ce jour-là ; des coqs différents des autres. Ceux-ci ont de longues barbes et réveillent à coups de fusil. Lorsqu’ils réussissent à s’assimiler en peul en s’habillant comme ceux-ci tout en conduisant des animaux, ils ont échappé à la vigilance du poste militaire installé tout juste à l’entrée du village.
Une fois que la première vague a réussi à passer, les autres en traîne par-derrière et par exprès, ouvrent le feu sur les agents de sécurité qui montaient la sentinelle à l’entrée et à la sortie du village. Ces hommes en tenue succombent sur place. Les bandits se sont alors mis à tirer dans tous les sens sans aucune orientation. Ils utilisaient des explosifs contre le village.
Lorsque Seydou et ses parents ont entendu des bruits dans le village, des cris de détresse, des explosions, ils ont voulu savoir ce qui se passait. Kouréichi se précipite alors à la porte pour jeter un coup d’œil afin de s’enquérir de la situation. Le malheur le fait tomber sur un de ces hommes sans vergogne qui scandaient haut et fort « Allahou Akbar » (Dieu est Grand). Immédiatement, Kouréichi voulait faire demi-tour, puisqu’il venait de comprendre que le village est pris en otage. Mais il était trop tard.
Le monsieur barbu à la porte de Kouréichi fait appel aux autres barbus qui le rejoignent à la hâte. Dès lors, ils envahissent le domicile de Kouréichi, qui résidait près de la préfecture, une administration étatique. Ils se sont mis à faire des casses tout en fouillant à l’intérieur de la maison. Ils cherchaient certainement Kouréichi qui s’était caché avec sa famille jusqu’au fond des toilettes.
Pendant qu’ils continuaient à fouiller, le petit Seydou voulait sortir afin de discuter avec ces hommes et connaître leurs intentions. Mais ses parents lui interdisent de procéder ainsi puisque ces hommes sont sans pitié. Ils tuent tout ce qu’ils trouvent sur leur passage.
Kouréichi ordonne à Aminatou et Seydou de rejoindre le rez-de-chaussée puisque ces hommes se trouvaient justes à quelques pas de leur cachette. Devant la mort ou tout autre risque, le chef de famille est celui qui prend le plus grand risque en sacrifiant sa vie pour la cause de la famille.
La famille a obéi au chef de famille et rejoint l’endroit qui leur a été indiqué. Pendant ce temps, ces hommes avaient bouclé tous les passages vers la maison ou vers le dehors. Les tirs se faisaient entendre partout à l’intérieur de la chambre et partout dans la rue. Kouréichi, lui, restait maintenant bloqué dans les toilettes, mais ne tardait plus à être découvert.
Pendant qu’Aminatou était inconsolable, le petit Seydou, lui, réfléchissait à ce qu’il pouvait faire maintenant et tout de suite pour les sortir de ce pétrin. Soudain, il se rappelle le numéro d’urgence qu’on avait, quelques jours auparavant, communiqué à la télévision nationale. Immédiatement, il se met à ramper pour rejoindre la cabine téléphonique qui se trouvait juste au fond de la maison. Il réussit sans être aperçu. Lorsqu’il se rapprochait, il entend des pas lourds proches de lui. Il jette alors un petit caillou vers un autre endroit afin de désorienter le monsieur.
Lorsqu’il pénètre dans la cabine, il compose sans réfléchir le numéro vert et communique immédiatement la situation et toute sa gravité. On lui demande désespérément les coordonnées de la maison. À la plus grande surprise de ses correspondants, il se met à leur communiquer l’adresse.
Pendant qu’il était au téléphone, la cachette de son père a été découverte par ces malfaiteurs qui n’ont pas pris de temps pour le tuer avec deux balles dans la cervelle. Mais avant de le tuer, ils lui demandent de réciter des sourates du Coran. Des sourates qu’ils lui avaient indiquées. Malgré qu’il réussisse, puisqu’il s’attachait déjà assez à la religion, ils lui donnent des coups sur la tête, le fait suffisamment souffrir en le traînant dans la chambre avant de l’éliminer effroyablement. Kouréichi passe un long moment à gémir de douleur, mais sans pouvoir ne rien faire. Ces hommes sont plus nombreux pour lui et les renforts demandés par son fils tardent à venir. Ceux-ci auraient pu être là à temps si les autres villageois connaissaient le numéro vert que Seydou vient d’appeler.
Alors, à l’entente des coups de feu dans la toilette, Aminatou s’est mise à crier et a fini par se montrer et devenir victime de sa trop grande sensibilité. Ces hommes sans pitié se saisissent d’elle, la viole dans la cour de la maison. La bonne dame a subi tout genre de violence sexuelle et laissée en agonie sur place, nue.
A suivre
Fousseni Togola

Phileingora

Fousseni Togola est né à Fana, dans la région de Koulikoro. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou, au Mali. Aujourd’hui, M. Togola est détenteur d’un Master en philosophie, obtenu à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants » et de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. Il occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal malien Le Pays. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA).

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