#DevoirDeConscience2 : le mouvement naturel et le mouvement artificiel

Le père de Seydou s’entretient avec lui sur la problématique du mouvement, notamment chez le philosophe antique grec Aristote. Dans ce billet fictif, Kouréichi, le père de Seydou, lui fait comprendre la toute-puissance de Dieu et lui ouvre la voie à la recherche.

Le père de Seydou lui fait comprendre que le mouvement existe dans le monde parce que Dieu a voulu que les choses se meuvent, c’est lui qui donne le souffle à toutes les substances qui existent sur cette terre. Tout ce qui existe n’est que la volonté de Dieu qui est l’omniscient, l’omniprésent, l’omnipotent, c’est-à-dire qu’il connaît tout ce qui est passé, tout ce qui existe et l’avenir de toute chose. Il sait lire dans les intentions des hommes, derrière les actes des hommes. Outre ces caractéristiques, Dieu est partout, il n’a pas de lieu spécifique où résider à l’instar des autres êtres, explique Kouréichi. Même là où nous sommes assis, Dieu s’y trouve. N’importe où que tu sois, n’importe où que tu ailles, Dieu aura toujours un regard sur tes faits et gestes. C’est lui qui guide nos pas. En fin, contrairement aux humains, Dieu est capable de tout exécuter. Il n’y a rien qu’il ne puisse faire. Dans sa volonté, il peut transformer le mal d’un homme en bien ; s’il veut, il peut supprimer complètement la mort du monde. Tu vois, Dieu est ce qui fait porter le monde, il le fait mouvoir puisqu’il est son créateur, conclut le père de Seydou.

Kouréichi, après ces explications religieuses, parcourt la « Métaphysique » d’Aristote avec son fils sans pour autant évoquer la notion de philosophie, puisque l’évoquer reviendrait à l’expliciter. Or, Kouréichi ne se sent pas mieux placer pour expliquer ce concept. Néanmoins, il prend la ferme décision depuis ce jour de se renseigner sur ce concept de philosophie.

A lire aussi #DevoirDeConscience 1 : le jeune Seydou, l’adolescent qui voulait tout comprendre

Selon Aristote, commence à expliquer Kouréichi, il existe une cause naturelle au mouvement dans le monde et une cause artificielle. Par cause, explique-t-il, j’entends parler des mouvements tributaires de l’homme, les causes qui relèvent de la responsabilité de l’homme en tant qu’être conscient. Il dégage alors les quatre causes retenues par Aristote : la cause matérielle, la cause formelle, la cause motrice ou efficiente et la cause finale. Chaque matière obéit dans son mouvement à ces quatre causes.

La cause matérielle constitue l’ensemble des matériaux qui interviennent dans la fabrication d’un objet. Par exemple, pour faire ta table à manger, il a fallu au menuisier le bois qui est la matière avec laquelle ta table a été fabriquée, précise-t-il. Quant à la cause formelle, elle est la forme que le menuisier décide de donner à la table. Chaque matière est conçue selon une forme bien déterminée. Ta table est de forme circulaire, indique-t-il. S’agissant de la cause motrice que d’autres appelleront la cause efficiente, elle désigne le fabricant de l’objet dont il est question. Dans ton cas ici, c’est le menuisier qui constitue la cause motrice, fait-il savoir à Seydou. En fin, la cause finale est le but, le dessein pour lequel l’objet est fabriqué. Tout objet se fabrique pour servir à une utilité spécifique. Ta table est fabriquée pour te servir de table à manger, etc.

À travers mes explications, le mouvement est le passage d’un objet d’un état à un autre, comme la transformation du bois en table. Ce changement s’effectue grâce aux nombreux coups de marteau du menuisier.

Cependant, au-dessus de toutes ces autres causes dépendantes de l’homme se situe Dieu, la cause principale. C’est lui qui est la cause de toutes les autres. Il est le Premier moteur. Dieu est la cause naturelle de tous les mouvements dans le monde. Il fait mouvoir toutes les choses qui existent sans se mouvoir lui-même.

Après ces longs éclaircissements, le petit Seydou était très content. Le temps était maintenant à la méditation sur ces explications qu’il venait de recevoir. Mais pas que, Kouréichi venait de mettre le petit Seydou sur une des tâches les plus ardues.

À suivre

Fousseni Togola

Phileingora

Fousseni Togola est né à Fana, dans la région de Koulikoro. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou, au Mali. Aujourd’hui, M. Togola est détenteur d’un Master en philosophie, obtenu à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants » et de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. Il occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal malien Le Pays. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA).

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :