Déboulonner au présent de l’indicatif

Être suffisamment armé de clés, de tournevis, de force physique adjoint de technicité, etc., sont des conditions sine qua non pour réussir toute entreprise de déboulonnage. Oui, déboulonner est une entreprise extrêmement rude qu’il ne convient nullement de prendre à la légère. Mais celui qui s’attèle à une telle entreprise a soit le souci de la réparation d’une panne soit le souci du renouveau.  

En effet, déterrer l’ancien pour hisser à sa place quelque chose de nouveau et de meilleur semble expliquer la plupart des entreprises de déboulonnage. On ne déboulonne donc pas sans une préoccupation majeure : le renouveau et la panne.

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La panne… la panne. Ce serait également ce mal en soi, mal moral je veux dire, qui expliquerait cette vaste campagne de conjugaison du verbe déboulonner au présent de l’indicatif dans de nombreux pays africains. Le mal… le mal. Mais de quel mal s’agit-il ? Évidemment de celui entretenu depuis le temps de nos aïeux et qui continue de nous poursuivre. Je veux parler de cette discrimination, à la base du racisme qui tue aux États-Unis ainsi qu’en France.

Ces mouvements antiracistes ont donné naissance à cette vague de destructions des vestiges du colonialisme en Afrique. Je parle des monuments ainsi que des rues qui portent encore le nom de grands conquérants français ou de colonialistes. 

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Les Africains aspirent au renouveau qui passerait désormais par le baptême des rues. C’est comme pour dire que nous ne voulons plus d’aucune trace du colonialisme sur nos territoires. Être totalement indépendant est aujourd’hui la plus grande aspiration des peuples d’Afrique.

Cette conjugaison du verbe déboulonner au présent de l’indicatif est une invitation au retour à nos sources, à l’appropriation de nos histoires. Des histoires et des sources délaissées au profit du celles de l’ancien maître. Déboulonner est donc l’expression d’une envie de retour à soi.  

F. Togola

Phileingora

Fousseni Togola est né à Fana, dans la région de Koulikoro. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou, au Mali. Aujourd’hui, M. Togola est détenteur d’un Master en philosophie, obtenu à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants » et de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. Il occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal malien Le Pays. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA).

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