Crise scolaire : la détermination a payé, mais l’horizon reste sombre !

Les élèves maliens reprendront le chemin de l’école à partir de ce lundi 14 septembre 2020 après plusieurs mois sans cours. Cela grâce à l’accord trouvé entre les enseignants et les autorités politiques. D’ores et déjà, la date des examens a été fixée pendant que d’autres réclamations émanant du secteur dorment dans les tiroirs.  

Après des mois sans cours en raison du bras de fer entre la synergie syndicale de l’éducation et les autorités politiques maliennes, les élèves maliens reprendront enfin le chemin de l’école dès ce lundi 14 septembre 2020. L’équation d’une année blanche semble déjà écartée. 

Les points d’accord

Les nombreuses rencontres entre les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 avec les nouvelles autorités du Mali, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), ont porté leurs fruits. Pour l’application immédiate de l’article 39 de la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018, un projet d’ordonnance relatif à la modification de cette loi ainsi que l’arrêté interministériel relatif à la transposition du personnel concerné a été signé lors d’une rencontre entre les deux parties, vendredi 11 septembre 2020.

Du procès-verbal de conciliation, publié dans le Journal officiel, il ressort que les syndicats de l’éducation, le CNSP et plusieurs autres acteurs de l’éducation sont convenus entre autres de : l’alignement de l’indice plafond des enseignants de la catégorie A à 1 267 à partir du mois de novembre 2020 ; le paiement intégral des rappels des mois de janvier à octobre 2020 sur le salaire du mois de novembre ; le paiement de la première moitié des arriérés de 2019 à partir du mois de décembre 2020 et la seconde moitié pour mars 2021 ; l’alignement de l’indice plafond des enseignants de la catégorie A à 1 382 à partir du mois de janvier 2021 et enfin la reprise effective des cours et de toutes les activités pédagogiques à partir de ce lundi.  

Au Mali, un accord n’est réel que lorsqu’il est appliqué. Conscient de cet état de fait, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 « engagent l’État au respect strict du présent procès-verbal de conciliation ».

Reprise des cours et dates fixées pour les examens

Suite à cet accord trouvé entre les syndicats et les autorités politiques pour mettre fin à la crise scolaire au Mali, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a invité à la reprise des cours dans les classes intermédiaires (de la première année à la sixième année pour le premier cycle, des classes de 7e et de 8e pour le second cycle, et des classes de 10e et de 11e pour le secondaireainsi que les 1re année et 2e année des écoles professionnelles) à partir de ce lundi 14 septembre 2020. 

Quant aux examens de fin d’année pour l’année scolaire 2019-2020, le secrétaire général du département ministériel de l’éducation, M. Kinane Ag Kadeda indique qu’ils se tiendront du 12 octobre au 20 novembre 2020. Il s’agit des examens du DEF, du Baccalauréat, du brevet technicien ainsi que dans les IFM.

L’horizon reste sombre !

Malgré cet accord entre les parties, cette reprise sera-t-elle effective sur tout le territoire national ce lundi ? Pour le moment, rien n’est sûr. En tout cas, le Collectif des syndicats de l’éducation de la région de Gao a adressé une correspondance au gouverneur de la région, samedi 12 septembre 2020, pour l’informer de leur arrêt de travail à partir de ce lundi 14 septembre. Il réclame le paiement intégral des salaires du mois d’août des enseignants de Gao.

Rappelons également qu’au niveau des écoles de formation de maîtres (IFM), les syndicats estudiantins sont décidés à boycotter les examens de fin d’année tant que les élèves maîtres ne recevront pas des bourses en guise d’accompagnement en raison de la prolongation de l’année scolaire. Une prolongation due à la fermeture de toutes les écoles pour quelques mois en raison de la pandémie de coronavirus. Notons aussi qu’au niveau des écoles privées, la reprise au niveau des classes intermédiaires sera difficile. Les syndicats réclament des arriérés à l’État. Toutefois, beaucoup de confusions et d’incompréhensions règnent encore dans ce secteur. En un mot, la détermination a payé, mais pas sauvé !

Fousseni Togola

Phileingora

Fousseni Togola, fondateur et directeur de publication du site web phileingora.org. Né à Fana, dans la région de Koulikoro, il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou au Mali. Il un Master en philosophie obtenu à l’ENSUP de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de plusieurs ouvrages, dont « La société close et ses militants » et « Féminitude ». Il est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens.

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