#ChroniqueDuSamedi : non, mieux vaut tôt que tard !

Il relève d’une opinion commune que « mieux vaille tard que jamais ». Il semble alors admis qu’il soit salutaire de tenter de dénouer une situation que de ne jamais l’essayer. Ce n’est alors pas le résultat qui compte, mais plutôt la volonté, le laisser paraître.

Si l’action humaine ne doit pas tenir compte du résultat ou de l’utilité publique, à quoi bon agir ? Pourtant, cette même opinion commune soutient que « mieux vaut prévenir que guérir ». Ce qui est plus rationnel, en tout cas. Celle-ci fait appel à un esprit d’anticipation des problèmes et s’adapte mieux à la gestion rationnelle des problèmes.

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Les campagnes de vaccination sont généralement organisées pour prévenir des épidémies. L’hygiène est enseignée pour prévenir des menaces contre la santé publique. Les forces armées sont formées et équipées pour prévenir les guerres. Les lois sont enseignées aux citoyens pour prévenir les sanctions à encourir en cas de violation.

Au Mali, nos autorités travaillent rarement à prévenir les crises intercommunautaires. C’est après explosion qu’elles prennent conscience de toute leur gravité et organisent des cérémonies à l’aune de banquet pour tenter de réconcilier en deux ou trois jours ce qui a été délié devant elles durant des années. 

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À Niono, dans la région de Ségou, un forum intercommunautaire se tient depuis le jeudi 5 novembre 2020. Ce forum, qui doit initialement prendre fin ce samedi, a lieu afin de tenter de réconcilier des communautés en conflit. Quel résultat faut-il donc attendre de cette rencontre ? Peu. Beaucoup de rencontres de ce genre ont déjà eu lieu dans la région de Mopti. Pourtant, l’accalmie est loin d’être un acquis.

Du Nord du Mali à Ségou en passant par Mopti, si les autorités avaient prévenu ces crises, les cellules cancéreuses pouvaient être amputées avant que l’infection se répande sur le reste du corps. Mais au lieu de prévenir, on se plaît dans la considération, « mieux vaut tard que jamais ». Je dis non, « mieux vaut tôt que tard ».

Fousseni Togola

Phileingora

Fousseni Togola est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants », de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA). La même année, il est lauréat du "Prix de Reconnaissance des Médias « Restez à la Maison », dans la catégorie presse en ligne au Mali, de la fondation Merck.

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