#ChroniqueDuSamedi : la Volonté générale !

Quand il a été calomnié et condamné à mort, le sage antique grec, Socrate a reçu une crinière de propositions : s’évader pour s’exiler, soudoyer les juges avec de l’argent ou en envoyant sa famille les supplier. Oui, toute une attitude de corruption et de violation des lois de sa cité ou, disons, de son pays, qui pouvait lui permettre d’échapper à la peine de mort en tant que grande figure de son pays et de toute son époque. Des propositions qu’il rejette quand même tout en faisant comprendre à qui veut l’entendre que « mieux vaut subir l’injustice que de la commettre ». En un mot, les lois méritent tout le respect.
Le respect au droit, en dehors de toute considération sociale, religieuse, professionnelle ou autre, telles sont des attitudes qui doivent rester ancrées comme valeur dans le cœur de tous les citoyens. Les grandes figures ou, comme on dirait, les grandes renommées, doivent servir de modèle pour ce faire.
Les lois, expression de la volonté générale, n’ont de sens que lorsqu’elles sont respectées par chacune des volontés. Devant les lois, toute considération doit s’éclipser pour la laisser libre cours. Comme dit la constitution malienne, « nul n’est au-dessus de la loi ».
C’est exactement cette problématique d’application des lois qui constitue le véritable combat à gagner au Mali. Devant le favoritisme, les tentatives de corruption sous le manteau d’humanisme, les lois sont piétinées.
Nous assistons présentement au cas Sidiki Diabaté. De grandes renommées aux moins connus, nombreux sont ceux qui prennent la parole sur les réseaux sociaux pour supplier les autorités judiciaires à faire main basse sur cette affaire. Comme seule excuse : c’est une star, donc une grande figure nationale et internationale. Une manière de dire que les lois ne doivent s’appliquer que sur les faibles de la république.
Pourtant, le Mali nouveau auquel nous aspirons ne pourrait véritablement émerger que lorsque l’impunité sera vaincue et la Volonté générale respectée. Si l’on aspire réellement au changement, la justice malienne doit avoir la main libre dans cette affaire de Sidiki Diabaté. Comme pour dire que lorsqu’on ne bat pas les morts, les vivants n’auront point peur.
Fousseni Togola

Phileingora

Fousseni Togola est né à Fana, dans la région de Koulikoro. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou, au Mali. Aujourd’hui, M. Togola est détenteur d’un Master en philosophie, obtenu à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants » et de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. Il occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal malien Le Pays. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA).

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