Le changement climatique, le mal du siècle ?

Le changement climatique porte un grief sérieux au développement de nos nations. Ce phénomène engendre des atrocités notamment au Mali. Un pays qui est de plus en plus touché par les effets de ce phénomène. Cet état de fait interpelle les autorités aussi bien que les citoyens pour agir en parfaite symbiose afin de réduire les effets de ce phénomène climatique sur notre pays. Cela doit se faire sur la base des campagnes de sensibilisation et des expositions. Les pays développés doivent s’engager concrètement et accompagner les pays en développement.

De plus en plus de phénomènes font leur apparition dans nos pays sans que nous sachions réellement leur cause. Ces problèmes vont des inondations, à l’opposition entre éleveurs et paysans, en passant par la sécheresse, les feux de brousse, la famine voire l’apparition de certaines maladies ravageuses, etc.

Une réalité indéniable

Dans « Le changement climatique en Afrique : Guide à l’intention des journalistes » il est indiqué : « Les épisodes caniculaires, les cyclones tropicaux, les pluies torrentielles, les inondations, les feux de forêt et les sécheresses sont autant d’exemples de catastrophes naturelles qui pourraient, ou non, devenir plus fréquentes avec le changement climatique. »  Le réchauffement climatique constitue cette bête dont beaucoup de citoyens ont encore du mal à saisir toute la réalité. Or, le changement climatique est un fait palpable qui ne saute aux yeux d’aucun esprit averti. Il suffit de regarder autour de soi pour constater sa réalité.

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Dans les années 1950, nous savions que la saison pluvieuse pouvait durer jusqu’à cinq (5) mois, mais de nos jours, l’on compte à peine trois (3) mois. Outre cet aspect, il conviendra de noter avec le rapport final réalisé de l’étude sur « la situation des Ressources naturelles dans le bassin du Sankarani PMF/FEM » en décembre 2012 que les « […] données disponibles de température indiquent un réchauffement plus rapide. » Ce qui est également plus facile à constater, carde plus en plus les citoyens ne cessent de se plaindre des trop grandes chaleurs qui s’augmentent d’année en année. D’ores et déjà, le service européen Copernicus sur le changement climatique explique, mercredi 7 octobre 2020, que le mois de septembre 2020 « a été le mois de septembre le plus chaud jamais enregistré dans le monde ». Ce service finit par indiquer la possibilité que 2020 soit l’année la plus chaude.

Problématique d’accès à l’eau

Durant la saison sèche 2017-2018, qui n’a pas eu à constater l’inquiétant tarissement du fleuve Niger, le deuxième fleuve qui traverse le Mali après le Sénégal ?

L’accès à l’eau dans la plupart de nos sociétés constitue une véritable aventure de combattant pour les femmes et les jeunes qui constituent la couche de la population qui subit toutes les difficultés en parcourant des distances de plus en plus longues à larecherche de l’eau. Ce qui peut paraitre paradoxal pour les esprits peu avertis en la matière, c’est le fait de pouvoir expliquer les innombrables inondations comme des conséquences notoires de ce même phénomène.

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À ce titre, ne convient-il pas de noter que le changement climatique instaure une irrégularité saisonnière voire une disparité au sein de nos sociétés.  Selon les experts du climat, il y a eu des moments où les précipitations aussi bien que les chutes de neige suivaient un rythme régulier permettant aux paysans de connaitre avec exactitude les périodes des semis. Le réchauffement des océans et de l’atmosphère leur porte un coup sérieux en instaurant cette irrégularité notable à laquelle nous faisons face. « La plupart des modèles scientifiques de précipitations prévoient que les pays situés sous hautes latitudes ainsi que l’Afrique de l’Est tropicale recevront davantage de précipitations, tandis que le bassin amazonien, l’Afrique du Nord et Méditerranéenne, l’Amérique centrale, les Andes méridionales et certaines régions de l’Australie en recevront probablement moins », lit-on dans « Le changement climatique en Afrique : Guide à l’intention des journalistes ».

Augmentation des inondations

Partant de ces explications, nous ne pouvons que qualifier les nombreuses inondations dans nos pays comme des effets de ce phénomène de changement climatique. De plus en plus, le Mali devient le théâtre des inondations massives une fois que l’hivernage commence. Durant la saison pluvieuse 2019-2020, l’Organisation humanitaire des Nations unies (OCHA Mali) rapporte que 133 localités au Mali, avec au total 18 pertes en vies humaines.

Cette situation doit interpeler la conscience de tous les citoyens qui doivent accepter de se battre pour la protection de l’environnement afin de diminuer les phénomènes détériorant le climat jusqu’à ce point et inviter les grands pollueurs à reconnaitre et accepter leur responsabilité envers les victimes de ce phénomène dramatique.

L’opposition entre paysans et éleveurs

En dehors de tous ces aspects, rappelons cet autre phénomène, l’opposition entre éleveurs et paysans. Cela constitue une autre réalité que traverse au jour le jour notre pays. Or, cet aspect peut également être expliqué comme une conséquence de cette bête sanguinaire qu’est le réchauffement climatique. 

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L’accroissement des phénomènes comme la sécheresse a pour conséquence l’absence de fourrages et d’eau pour les animaux et engendre des déplacements massifs qui ne peuvent qu’entrainer des conflits. « L’accroissement déjà constaté des transhumances devrait continuer à se traduire par des mouvements massifs du Nord au Sud, entrainant des conflits entre éleveurs et paysans », trouve-t-on dans le manuel sur la situation des Ressources naturelles dans le bassin du Sankarani PMF/FEM en décembre 2012. Cette explication n’a pas pour vocation d’enlever auconflit entre Peuls et paysans au Maliles facteurs humains pour tout attribuer au climat, mais juste pour montrer jusqu’à quel point le changement climatique peut s’avérer désastreux pour nos nations.

Cette sécheresse peut également entrainer des feux de brousse qui ont également des conséquences désastreuses sur la faune et la flore, mais aussi engendrer des dégradations des terres et par ricochet la déforestation. Certes des feux de forêt sont d’origine humaine, mais il en existe aussi qui sont naturels. Il n’est pas rare d’apprendre ces genres de phénomènes dans les pays américains.

La famine

En dehors de tous ceux-ci, la famine constitue l’autre réalité que vivent nos citoyens au jour le jour. Les guerres ne sont pas toujours la cause de ce fléau, mais aussi le réchauffement de la planète. La population la plus vulnérable de cette situation est constituée par les femmes et les enfants. Cela ne nous fait-il pas penser à la grande famine de 1975. Cette irrégularité ainsi que les disparités climatiques favorisent certaines couches sociales à d’autres. C’est ce qui ressortait du rapport 2017 des Nations unies sur le climat démontrant que la situation de la sécurité alimentaire en Afrique est en recul de trente ans. C’est maintenant le continent qui souffre le plus des effets du changement climatique en termes de famine alors que cette situation s’est améliorée dans d’autres contrées notamment asiatiques. Il y a encore pire. Dans le manuel du fonds climat Mali, il est écrit : « La variabilité du climat et le changement climatique aggravent la pression sur les sols, l’eau et les autres ressources naturelles. »

De vastes campagnes de sensibilisation en langues locales  

Il faudrait dans une situation pareille où l’ignorance des citoyens ne fait qu’aggraver la situation que les autorités procèdent à une sensibilisation plus large dans toutes les localités en langue locale afin que chaque citoyen prenne conscience de ce phénomène en s’engageant dans ce combat de vie ou de mort. Des expositions photo et d’images doivent également se faire dans nos différentes contrées sur les causes, les conséquences et les moyens de lutte contre ce fléau.

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Outre tous ceux-ci, expliquer sans langue de bois, la nécessité des énergies renouvelables tout en encourageant et accompagnant les belles initiatives dans ce cadre. À ce titre, il importe beaucoup que les pays développés s’engagent concrètement à soutenir ceux en voie de développement et à faire face à leurs dépenses d’adaptabilité et de création d’initiatives.

Chiencoro

Phileingora

Fousseni Togola est né à Fana, dans la région de Koulikoro. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou, au Mali. Aujourd’hui, M. Togola est détenteur d’un Master en philosophie, obtenu à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants » et de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. Il occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal malien Le Pays. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA).

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