#Billet_humeur : allô, qui est le nouveau président du Mali ?

Trop de théâtralisation dans ce pays. Tant qu’on vit, on aura tout vu, tout entendu. « Nous demandons la démission du président IBK et il va démissionner » ; « Tant que IBK ne déclare pas sa démission, nous n’allons pas rentrer chez nous ce soir » ; « IBK et son gouvernement, dégagent ». Tels sont quelques assurances et recommandations données ou formulées à l’occasion de la marche du vendredi 5 juin 2020. Un ultimatum avait même été donné au chef d’État : 18 h.

C’était trop beau pour n’être qu’une simple « rêverie de promeneurs solitaires ». Quand on veut une chose, on se donne les moyens pour l’atteindre. Mais au Mali, à force d’écouter ou de regarder les comédiens, nous serions tous devenus des comédiens. 

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Oui, la comédie. Elle a une vertu cathartique. Lorsque nous nous sentons stressés, il nous suffit de regarder des scènes de comédie ou d’en organiser pour se déstresser.

La marche du vendredi dernier ne serait que de cette catégorie. Près de trois mois que les citoyens n’avaient pas eu le droit à ce divertissement, ils en avaient la nostalgie. Ils en ont eu l’occasion de s’en livrer à satiété le vendredi 5 juin 2020.

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Pardon, en parlant de comédie, quelqu’un peut-il me dire où se trouve « le chef des gangs », celui qui devrait être coincé à 18 h comme un vulgaire petit voleur ? J’espère que comme déclaré avec force et assurance, il n’est plus assis tranquillement dans son salon, devant son écran géant, en train de ricaner, une fois de plus : « Boua ta bla » (Boua ne démissionnera pas). Si c’est le cas, l’acteur principal de la comédie a encore perdu la partie. Il a été vaincu.  

sortir de l’instrumentalisation

Il est grand temps que le peuple malien ait l’indépendance dans les initiatives qu’il prenne pour la défense de la nation. Pour ce faire, il faudrait sortir de ces scènes de théâtralisation en évitant d’agir par coup de cœur. Un véritable combat patriotique se mène avec objectivité, convictions et s’étend dans la durée, jusqu’à la victoire finale. Ces combats sont ceux dont l’impulsion vient du peuple, de sa soif de changement. Comme pour dire que tant que nous continuerons à nous laisser instrumentaliser, nous atteindrons difficilement le changement souhaité.   

Phileingora

Fousseni Togola est né à Fana, dans la région de Koulikoro. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou, au Mali. Aujourd’hui, M. Togola est détenteur d’un Master en philosophie, obtenu à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants » et de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. Il occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal malien Le Pays. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA).

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