Autrement dit, malgré la libération de Soumaïla Cissé, la lutte continue !

Plus d’une semaine après la libération de Soumaïla Cissé, le Collectif mis en place pour sa libération a animé, samedi 17 octobre 2020, à l’hôtel les Colibris, une conférence de presse. Objectif : remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour le retour du chef de file de l’opposition malienne. Une occasion saisie pour demander la libération de tous les autres otages.

La libération de Soumaïla Cissé, président du parti Union pour la république et la démocratie (URD), après six mois de captivité n’est que le résultat de la « chaîne de solidarité » qui s’est organisée autour de sa libération. En tout cas, c’est ce qui ressort de la déclaration de Ibrahim Ikassa Maïga, représentant du bureau exécutif national de l’URD, au cours de cette conférence de presse du Collectif pour la libération de Soumaïla Cissé.

Mobilisation des « énergies positives »

Tout en remerciant le Collectif ainsi que toute la jeunesse malienne pour avoir su mobiliser « toutes les énergies positives » pour la libération de Soumaïla Cissé, Ibrahim Ikassa Maïga estime qu’il était impensable qu’une telle lutte pût aboutir à un tel résultat. Par la même occasion, il a rappelé la mise en place d’une cellule de crise par le bureau exécutif national du parti du chef de file de l’opposition malienne afin de faire le point de ce qui est arrivé. Cela, précise-t-il, parce que « nous ne voulions pas croire que cela ait pu arriver alors que toutes les assurances avaient été données pour la sécurité des personnes » au cours des campagnes pour les législatives.  

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Revenant sur l’enlèvement de Soumaïla Cissé, M. Ikassa Maïga compare ces événements à un montage de film. « C’était comme un montage d’un grand scénario hollywoodien qui a été mis en exécution pour que Soumaïla et son équipe de campagne, de façon scabreuse, soient enlevés », a-t-il expliqué. A l’en croire, l’opération était meurtrière et les intentions étaient claires : « on voulait mort d’homme ».

Le représentant de l’URD a indiqué que le retour de Soumaïla Cissé a été possible grâce à la « forte » mobilisation qui a eu lieu autour de sa libération.

Le départ d’IBK, préalable à la libération

Selon Choguel Kokalla Maïga, président par intérim du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), la chute du régime Ibrahim Boubacar Kéïta était le « préalable à la libération de Soumaïla Cissé ». Il a saisi l’occasion pour rappeler que selon les informations reçues, le chef de file de l’opposition malienne aurait pu être libre depuis le mois d’avril, mais c’est le président IBK qui n’aurait pas été d’accord avec les conditions posées par ses ravisseurs. Choguel n’en décolère pas. Il précise qu’en se rendant compte que la libération de Soumaïla pouvait baisser les tensions et maintenir le régime, les négociations avaient été reprises par le régime IBK, mais la chute dudit régime était inéluctable, a-t-il fait comprendre. Les nouvelles autorités ont accéléré le processus depuis la chute du régime de l’ex-président, s’est-il réjoui. Toutefois, il rappelle que « toutes les actions politiques relèvent de calculs ».

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Comme pour faire taire les débats qui ont lieu actuellement autour de la libération de plusieurs djihadistes en échange de celle de Soumaïla et de trois autres otages, le président du MPR les juge non importants.

Une mise à l’épreuve !

L’ancien patron de l’AMRTP voit en cette libération du président de l’URD un véritable espoir. Car, précise-t-il, pendant 20 ans, Soumaïla Cissé « a été empêché de réaliser son ambition pour le Mali ». C’est pourquoi M. Maïga se convainc que cet enlèvement n’était qu’une épreuve à traverser pour l’atteinte de l’objectif final. En effet, à ses dires, il y a des « épreuves qu’un homme politique doit souvent traverser » pour préparer le chemin vers l’avenir, pour que le peuple se fasse une idée de ce qu’il représente. D’où l’invitation à prendre cette étape avec philosophie puisqu’elle dépasse le simple hasard, se convainc-t-il.

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Moctar Sy, président du Collectif pour la libération de Soumaïla Cissé, a indiqué au cours de cette conférence que leur objectif a été atteint au soir du 8 octobre 2020 à travers le retour du chef de file de l’opposition malienne.

Mobilisation pour tous les otages  

Ibrahim Ikassa Maïga a néanmoins saisi cette occasion pour rappeler que la libération de Soumaïla Cissé ne met pas fin à la lutte. Car les autres otages doivent être libérés. Il a alors exprimé le souhait de la libération de tous les otages sains et saufs. Pour ce faire, il demande la mobilisation de la même énergie ayant conduit à la libération de Soumaïla Cissé autour de celle de tous les otages.

Rappelons que cela est nécessaire pour la stabilité du Mali. D’ores et déjà, les administrateurs civils ont saisi le Premier ministre, jeudi 15 octobre 2020, pour demander la libération immédiate de tous les otages civils et militaires.

Fousseni Togola

Phileingora

Fousseni Togola est né à Fana, dans la région de Koulikoro. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou, au Mali. Aujourd’hui, M. Togola est détenteur d’un Master en philosophie, obtenu à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants » et de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. Il occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal malien Le Pays. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA).

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