#AuMondeDesEaux9 : l’heure des promesses

La fidélité aux promesses est une vertu à ne point négliger. Dans ce 9e épisode de notre série de billets fictifs, « Au monde des eaux », il est question de la nécessité du respect à la parole donnée ainsi que des conséquences de l’attitude contraire.

Chez les sirènes, il n’existe pas d’hôpitaux. Ils sont dans le traditionnel. Ces êtres ne connaissent rien en matière de technologie ou de science. Sur ce plan, les humains sont en avance sur eux, mais ils disent aussi ne pas vouloir connaitre ce domaine qui engendre plus de maux que de biens. Ils estiment d’ailleurs que les humains vont bientôt finir de s’anéantir, et d’anéantir d’autres êtres avec eux.

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Autrefois, les eaux étaient plus profondes. Mais les activités de l’homme ont provoqué le remplissage de celles-ci. Plusieurs êtres aquatiques sont morts par suite de l’intoxication de leur milieu de vie par les humains. L’homme est certes malin, mais il également le pire des êtres. Car, à lui seul, il est capable de détruire des milliers d’êtres en quelques minutes.

En effet, ces réalités ne sont pas méconnues par ces êtres qui pensent d’ailleurs que les déversements de substances toxiques dans leur cadre de vie sont la preuve qu’ils sont détestés par les humains. Ce qui explique le fait qu’ils sont en guerre permanente contre les hommes. Ils les attirent vers eux à travers leur bonne mélodie. Ils détruisent des bateaux de navigateurs, d’émigrants, de simples voyageurs grâce à leur chant satanique.

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Bien vrai que mon mariage ne plaisait pas à ces tribus aquatiques, ils se voyaient dans l’obligation de l’accepter. Car ils ne connaissent pas la trahison. La promesse est très chère à leurs yeux. C’est pourquoi, quand un humain désobéit à ses engagements envers eux, ils lui montrent leur mécontentement, à lui et à toutes ses descendances.

À ce sujet, mon beau père m’a raconté un cas de figure. Un cas qui semble même être une de mes connaissances. Il explique que certains des aïeux de celle-ci avaient pris un engagement avec une tribu voisine en vue d’avoir une richesse considérable et qu’en échange, il leur remettrait son premier ou sa première fille en récompense. La parole donnée n’ayant pas été respectée, la tribu en question a réclamé sa dette. Puisque celle-ci tardait à être récompensée, toute la descendance du monsieur a subi les conséquences. Il y aura des jours où la tribu va les amener visiter leur contrée, voire même lier des unions amoureuses avec eux. Par ailleurs, il m’indique qu’une fois qu’ils se marient avec un humain ; ils ne couchent certes pas avec lui, mais l’empêchent quand même de se marier à un humain et d’avoir des enfants. Ils détruisent simplement sa vie.

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Mon beau père profitait de cette histoire pour attirer mon attention sur la force de l’engagement, et me montrer également ce qui m’attend lorsque je désobéis à mes promesses.

Après ces explications, nous avons eu une véritable discussion au sujet de mon mariage avec sa fille.

  • Tu es devenu véritablement aujourd’hui mon beau fils. Tu l’as mérité. Tu n’attendras plus jusqu’à un an dans notre royaume avant de retourner auprès des siens. Tu as montré tes preuves. Maintenant, il y a une certaine chose que tu dois savoir et auxquelles tu dois me donner l’engagement ferme.
  • C’est quoi beau-père, ai-je demandé ?
  • Chez nous, la polygamie n’existe pas. Tu me promets de ne pas épouser une autre femme en dehors de ma fille.

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Décision difficile. Mais qui doit être prise, quelles que soient les conséquences. Car il est de coutume chez nous que le cousin marie la cousine. Avant que je ne sois porté disparu, une de mes cousines était la main promise. Mais, comme une force intérieure qui me parle, je me convaincs que celle-ci a dû déjà se marier vu que je suis mort pour tout le monde, il y a de cela près de quatre ans. Bon, dans tous les cas, ces pratiques sont trop ringardes, je ne suis pas forcé de me conformer à celles-ci. La vie évolue, évoluons avec. Avec la mondialisation, le mariage forcé n’est plus d’actualité. Ainsi, mon choix a été vite fait.

  • J’accepte père, ai-je répondu
  • Lorsqu’il sera temps pour elle d’accoucher, amène là ici pour que le travail se déroule sans grande difficulté. Il ne sera pas possible pour vous les humains de la faire accoucher même si elle aura un physique humain. Tâche à ne surtout pas la faire souffrir autant, car à chaque fois qu’elle se verrait menacer, elle sera tentée de récupérer sa forme première.
  • Compris père, et merci de me tenir au courant de tous ces aspects.
  • Enfin, et c’est un rappel, n’oublie pas que tu es appelé à diriger ces tribus un jour.
  • Oui, je le sais. Je le ferai convenablement si ça me trouve en vie.
  • Tu vas beaucoup vieillir comme nous désormais. Ma fille connait le secret, et elle l’a sûrement utilisé sur toi. Tu auras près de mille ans de vie sur terre.
  • D’accord et merci pour tout ce que vous faites pour moi.

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Ainsi donc, je me préparais à quitter le royaume aquatique pour rejoindre mon monde après des années d’absence.

À suivre !!!

F. Togola  

Phileingora

Fousseni Togola, fondateur et directeur de publication de Phileingora. Né à Fana, dans la région de Koulikoro, j’ai obtenu mon baccalauréat au lycée Cabral de Ségou au Mali. Je possède une Maîtrise en Philosophie obtenue à la Faculté des Sciences Humaines et des Sciences de l’Éducation (FSHSE) de Bamako. Après cette Maîtrise, j’obtiens mon Master à l’ENSUP de Bamako. Présentement, je suis professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Je suis auteur de plusieurs livres dont « La société close et ses militants » et « Féminitude ». J’ai bénéficié de maintes autres formations notamment les techniques d’enquêtes en journalisme et en bloging ainsi que la Technique de l’édition. Je suis membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens.

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