Audrey Azoulay : « Le trafic illicite constitue un vol caractérisé de la mémoire des peuples »

Le 50e anniversaire de la Convention de l’UNESCO de 1970 a servi d’occasion d’appeler à une action commune autour de la lutte contre le trafic illicite de biens culturels. Les biens culturels représentent le patrimoine, l’histoire, l’identité, voire l’avenir d’un peuple.

La pandémie du coronavirus a rendu le patrimoine culturel plus vulnérable en affectant la surveillance des sites archéologiques. Une situation qui expose davantage ces sites aux fouilles illicites, affirme Ernsto Ottone, sous-directeur général pour la culture de l’Organisation des Nations unies pour la science et la culture (UNESCO). C’était à l’occasion du 50e anniversaire de la Convention de l’UNESCO de 1970 qui précise les mesures à prendre pour interdire l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. Selon M. Ottone, « le trafic illicite de biens culturels en ligne a connu une très forte augmentation. » A ses dires, le monde a assisté à une recrudescence du trafic illicite de biens culturels, ces dernières années. Toutes les régions du monde sont affectées par ce phénomène, dit-il.

Pourtant, selon l’UNESCO, « Le trafic de biens culturels représente une source d’énormes profits illicites qui sont utilisés pour blanchir les produits du crime ».  La même source indique que la destruction, le pillage, le trafic et la vente de biens culturels se font généralement en complicité avec des groupes terroristes et extrémistes violents. Or, pour Ernesto Ottone, « piller, vendre ou acheter un bien culturel issu du trafic illicite participe à déposséder les peuples de leur patrimoine, de leurs histoires, de leurs identités, et donc de leur avenir ».

Selon le sous-directeur général pour la culture de l’UNESCO, cette Journée est une opportunité à saisir pour mobiliser la communauté internationale à accentuer la lutte contre ce fléau. Pour mettre fin au trafic illicite de biens culturels, M. Ottone prône une action concertée, gage de solutions communes. « La protection des biens culturels et la lutte contre le trafic illicite nous concernent tous », a-t-il déclaré. Il invite tout le monde à s’engager dans la lutte contre ce fléau : « Mobilisons-nous pour arrêter le trafic illicite des biens culturels ».

L’UNESCO, en collaboration avec L’ONUDC ainsi que d’autres partenaires de la communauté internationale, mouille le maillot pour venir à bout de ce fléau à travers une série d’actions concrètes : appel à la ratification et à la mise en œuvre des instruments internationaux pertinents, amélioration de la collecte de données pertinentes, promotion des outils de l’ONUDC pour la gestion des connaissances sur la criminalité organisée et plein d’autres. Selon Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, « le trafic illicite constitue un vol caractérisé de la mémoire des peuples. Éveiller les consciences et appeler à la plus extrême vigilance est nécessaire pour lutter contre cette réalité largement sous-estimée ».

Ce 20e anniversaire a été également l’occasion de célébrer, pour la première fois, la première Journée internationale de lutte contre le trafic illicite de biens culturels adopté par la conférence générale de l’UNESCO par consensus en 2019. 

Fousseni Togola

Phileingora

Fousseni Togola est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants », de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA). La même année, il est lauréat du "Prix de Reconnaissance des Médias « Restez à la Maison », dans la catégorie presse en ligne au Mali, de la fondation Merck.

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