Les amis d’hier devenus les ennemis d’aujourd’hui

Lorsque les vieux amis prennent les armes les uns contre les autres, les simples citoyens ne peuvent que s’asseoir et les regarder agir. Mais au Mali, ces simples citoyens semblent s’immiscer dans les querelles entre amis. Or, la finalité de ce conflit ne pourrait être que leur désespoir.

Toutes les voies mènent à Rome, dit-on couramment pour montrer que toutes les méthodes sont bonnes, pourvu qu’elles nous conduisent à nos fins. Cet adage acquiert aujourd’hui une valeur de vérité générale. Il est rappelé à maintes circonstances, notamment politiques ou sociales, où le mensonge est utilisé comme stratégie de combat idéologique.

Mensonge populaire

Le mensonge, ce vice des esprits faibles, qui acquiert de plus en plus une force de vertu dans notre société, est l’arme de combat la plus utilisée pour endormir la conscience des citoyens. Dans chaque circonstance, on montre au peuple la face luisante qui n’est d’ailleurs que du mensonge déguisé. On cache au peuple la vérité. On lui fait descendre dans les rues. Comme des bêtes sauvages attachées les unes aux autres, le peuple ne manque nullement de les suivre aveuglément dans leur combat d’intérêts. La raison n’est plus mise au-devant de la scène. Il ne sait plus qu’il prend le problème pour la solution, qu’il est instrumentalisé. 

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Cette vaste ignorance populaire est le drame que traverse le Mali. Cela, par la faute de leaders religieux, considérés comme ne respirant qu’au nom de Dieu. Ces leaders religieux, usant de la confiance que leur confère leur statut religieux, incitent le peuple à l’autodestruction.

Oui, un pays confronté à une crise sécuritaire sans pareil, à la maladie à Coronavirus ainsi qu’à l’incivisme n’a pas besoin de certaines manifestations allant jusqu’à demander la démission du chef de l’État.

Régner par les religieux, périr par les religieux

La religion c’est la paix, c’est la cohésion sociale, c’est la vérité, c’est l’humilité et la compréhension de l’autre. Mais on se demande finalement si les leaders religieux du Mali sont des hommes de Dieu ou du Satan déguisé ; si la religion est finalement devenue un mensonge dans ce pays.

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La religion est devenue un raccourci pour les uns et les autres pour arriver à leurs fins. Toutefois, si les religieux ont plus de pouvoir au Mali, c’est parce qu’ils ont contribué à l’accession de l’actuel chef d’État au pouvoir. Si cet homme est devenu une déception aujourd’hui, à qui faudrait-il en vouloir ? A nos braves leaders religieux d’y répondre. En attendant, rappelons que quiconque règne par les religieux doit s’attendre à périr par les religieux. Souhaitons que cela ne se confirme dans le cas d’IBK, président de la République malienne !   

Phileingora

Fousseni Togola est né à Fana, dans la région de Koulikoro. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Cabral de Ségou, au Mali. Aujourd’hui, M. Togola est détenteur d’un Master en philosophie, obtenu à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Présentement, il est professeur de philosophie, journaliste-blogueur, écrivain et Mondoblogueur. Il est auteur de « La société close et ses militants » et de la « Féminitude » et de « Le Mali sous IBK : sept ans d’obscurantisme » qu’il a publié sous le pseudonyme Chiencoro. M. Togola est membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG) et contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Fousseni Togola est fondateur et directeur de publication du site web d’informations générales, d’analyses et d’enquêtes phileingora.org. Il occupe le poste de rédacteur en chef adjoint au journal malien Le Pays. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA).

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