Maintien des législatives au Mali : tant pis pour le Coronavirus !

« Mieux vaut prévenir que guérir ». Cet adage a traversé la nuit des temps sans perdre en aucun moment toute son évidence. Il a été diversement repris dans différentes langues. Mais toujours sa quintessence reste. Oui, tant que nous avons la possibilité de nous protéger contre une situation, il est nécessaire d’agir en amont pour éviter de se retrouver dans un long et dur combat, souvent sans issue favorable. Seulement aujourd’hui, on semble de plus en plus abuser de cette vérité des âges. Elle est de plus en plus utilisée à des fins idéologiques. À cette ère de campagnes électorales pour les législatives au Mali, on semble dire « tant pis pour le coronavirus ! « 

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Plein dans les campagnes électorales

Depuis le dimanche 8 mars 2020, les campagnes pour les élections législatives battent le plein au Mali. Les candidats sont débordés par des mouvements, à la rencontre de leurs militants.

On n’est nullement prêt à surseoir à ces élections malgré la menace du Coronavirus. Or, le contact humain favoriserait l’expansion de ce virus. Malgré tout, ni le gouvernement ni les candidats à ces législatives n’a annulé la tenue de ces législatives pour éviter ces grappes humaines et prévenir le COVID-19. Aucun candidat, jusqu’à preuve du contraire, n’a effleuré cette menace du Coronavirus en rapport avec ces campagnes électorales. Ils rencontrent les militants, ils se serrent les coudes, font des accolades.

Lors d’une conférence de presse qu’il a animé ce jeudi 19 mars 2020, le Premier ministre Boubou Cissé a été on ne peut plus un peu clair sur la tenue de cette élection: « Pour des questions de survie de la nation et de continuité de l’État, à ce jour nous avons décidé de maintenir la tenue des élections législatives »

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Le courage pour vaincre la peur semble être au rendez-vous. Mais s’agit-il réellement d’une question de courage ? Ces agissements sont plutôt une défense acharnée d’intérêts privés. Tant pis pour le Coronavirus, l’essentiel est de réussir à franchir le Rubicon en accédant au siège de député à l’hémicycle.

De l’hypocrisie politique

En effet, il s’agit bien d’une question de tube digestif. Sinon, nous savons que la ministre de la Promotion de la femme, de la famille et de l’enfant a annulé la grande cérémonie du 8 mars à Bamako en raison de cette menace du Coronavirus. Le Président de la République a demander la fermeture des écoles, d’éviter les grandes rencontres de plus de 50 personnes, pour trois semaines. Sûrement que les législatives ne regroupent pas beaucoup de citoyens.

Sortir des jeux d’intérêts

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Au Mali, il est temps d’arrêter de jouer aux termites. On ne peut pas annuler une cérémonie pour raison sanitaire et laisser d’autres rencontres de plus grande envergure se tenir. Parce que tout simplement il y a une question de profit personnel.

Certes, il ne faut pas se laisser vaincre par la peur face à une maladie ou un danger ; il faut l’affronter courageusement pour espérer le vaincre. Mais il importe de se montrer cohérent avec soi et avec les autres dans ce combat. Comme pour dire qu’il est temps de joindre l’acte à la parole.  

Panique mondiale: le Coronavirus a réussi ce dont les terroristes ont toujours rêvé!

Les nouvelles ne sont pas bonnes ! Pas du tout bonnes ! Le monde s’en branle ! L’inquiétude est au summum alors que le centre de gravité de la bête féroce se change ! Eh, oui, le virus devenu épidémie à se hisser au rang de pandémie. Continent après continent, la maladie s’est emparée du monde. Elle crée une panique mondiale. Réussissant ainsi ce que les terroristes ont toujours voulu imposer au monde.

Annulation de grande manifestation, restriction des mouvements, interdiction des rassemblements jusqu’à un certain nombre de personnes, fermeture des écoles, le Coronavirus est devenu pire que le terrorisme.

Après le continent asiatique (par où il a fait son entrée dans le monde des humains) l’Europe, etc., la maladie Covid-19 poursuit son grand mauvais chemin et finit par faire un atterrissage doux en Afrique.

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Faisant parler d’elle à partir du continent le plus peuplé du monde, cette maladie fait son entrée en Afrique à partir du pays le plus peuplé.

Hum, comme cela semble bizarre ! Cette épidémie, j’allais dire cette pandémie, aurait un grand réflexe pour aimer commencer son ravage par les lieux de grande masse ! Est-elle un homme pour avoir ce réflexe ? Je ne saurais quoi dire. Mais savez-vous que depuis qu’elle a pu s’infiltrer dans d’autres pays, on ne se plaint plus d’elle comme avant dans sa matrice ? Il s’agirait d’un virus nomade qui lie une amitié discrète avec les grands nomades.

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Et pourtant… et pourtant, cette version ne serait pas totalement fausse. Regardez, le cas enregistré au Nigéria le vendredi 28 février 2020 était un employé pour Lafarge Africa Plc, une entreprise de ciment située dans l’État d’Ogun, selon le journal français Le Point. L’individu était en provenance du Liban. Pour le cas sénégalais, déclaré ce lundi, lui il est arrivé de la France le mercredi 26 février dernier. Quant au cas tunisien, déclaré également ce lundi, il s’agit d’un vieux qui est arrivé d’Italie le jeudi 27 février dernier. Cela reste quasiment pareil pour tous les autres cas enregistrés dans maints autres pays africains.

Donc, tous les cas enregistrés en Afrique étaient des nomades, pardon, des hommes d’affaires ou aimant voyager comme le nouveau « Kayan Makan Cissé ».

Retenez bien qu’en devenant ainsi corrosif, le Coronavirus vient de se trouver sûrement un nouveau refuge en atterrissant en Afrique. Car, toutes les mesures préventives contre cette pandémie ne seront pas strictement observées par les Africains. N’oubliez pas également, le simple contact physique suffit pour la maladie du Covid-19 d’attraper ses victimes comme l’aimant et le fer.

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Sur le trajet de ces victimes africaines, pouvons-nous nous assurer que ces hommes n’ont eu aucun contact avec des ressortissants d’autres pays ou des citoyens de leur pays d’origine ou de provenance. Je reste pessimiste.

En tout cas, les plaintes et la peur ont changé de camp. L’Afrique est désormais la cible du Coronavirus. Comme pour rappeler : tant que la forêt n’a pas fini de se consumer, aucun criquet ne doit se sentir épargner.

Education: les vautours de chariasôsôbougou

Sur la marche pacifique des enseignants violemment réprimée par les forces de l’ordre maliennes, le mercredi 11 mars 2020, Sidi Bouaré, professeur d’enseignement secondaire au Mali, livre son analyse sous forme de fiction.

Il était une fois dans un village appelé Chariasôsôbougou. Il y avait un chef dénommé Fangatigui, le vautour des vautours. Ce dernier fut démocratiquement élu. De son propre chef, il choisit ses conseillers et ses collaborateurs, formant un cercle restreint. Chariasôsôbougou fut bâti sur des principes démocratiques chèrement acquis.

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De démocrate à dictateur

Au tout début, Fangatigui respectait les lois régissant la vie des habitants du village. Arrivé un moment donné, Fangatigui a commencé à monter sur ses grands chevaux et à avoir un ego surdimensionné n’en faisant qu’à sa tête. Le chef et son entourage commencent alors à fouler aux pieds les acquis démocratiques et à torpiller la loi. De ce fait, les ressources du village deviennent les leurs. Dès lors le régime se trouve situé à la limite de deux grands maux : l’oppression et l’abus de pouvoir. Également situé au carrefour des voies impérieuses entre la tyrannie et l’autocratie.

La marche pacifique des enseignants

Dans ce village les gens étaient habitués à voir certains habitants prendre les armes pour se faire entendre, et cela marchait à tous les coups. Par contre d’autres procédaient par des moyens légaux comme les enseignants. Un jour, les enseignants du village décident de marcher pacifiquement pour la énième fois. Car ils étaient victimes de violation de la loi. Mais ils n’étaient pas à même d’imaginer qu’ils seraient réprimés et violentés sur l’ordre de Fangatigui. Ce jour-là, les enseignants du village voulant réclamer leur dû, souhaitant changer d’existence ont été brutalisés.

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La résistance

Outragés, les enseignants forment une coalition dirigée contre Fangatigui et menée par la synergie. Déterminés, les enseignants résistent, mis à rude épreuve, ils fusionnent tous et se retrouvent tous dans la capitale Yèrèsagokêbougou.

Formant une force concentrée à Yèrèsagokêbougou et doublant sa taille initiale, la synergie réclame, à l’unisson, l’application de l’article 39.

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Fangatigui acculé, craignant son détrônement, finit par céder ; il accorde à la synergie l’application dudit article. À la tête d’une troupe de 63 000 militants, tous dévoués à sa cause, la synergie triomphe finalement. Dès lors le roi évite d’être dans le collimateur des enseignants.

[Tribune] Crises au Sahel: Faire taire les armes, pas les peuples

Appel pour une coalition des intellectuel-le-s et des artistes pour une paix durable, la sécurité humaine et la préservation de l’environnement  

 « Oui, en définitive, c’est aux poètes, aux artistes, aux écrivains, aux hommes de culture qu’il appartient, brassant dans la quotidienneté des souffrances et des dénis de justice les souvenirs comme les espérances, de constituer les grandes réserves de foi, ces grands silos de force où les peuples, dans les moments critiques puisent le courage de s’assumer eux-mêmes et de forcer l’avenir ». Aimé Césaire (‘’L’Homme de culture et ses responsabilités’’, 2ème Congrès international des écrivains et artistes noirs, Rome, 1959).

Bamako, Mars 2020

Quand les peuples sont de trop

Sokolo et Ogossagou au Mali, Silgadji, Yagha et Nagraogo au Burkina Faso, Chinégodar et Tillabéry au Niger sont quelques unes des localités où des attaques « djihadistes » ont été perpétrées après le sommet tenu à Pau, le 13 janvier 2020. Les faits sont atroces et spectaculaires, les images insoutenables. Comment en est-on arrivé là ? Que faire ? 

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Nous observons d’abord que deux écueils majeurs obstruent l’horizon : d’une part, le refus de  reconnaître les causes réelles du « djihadisme » et des migrations, à savoir le néolibéralisme et ses ravages, et de l’autre le bâillonnement de nos peuples. La prise de parole des Sahélien-ne-s ne nous en apparaît que plus cruciale. Nous essayons d’inscrire le sort qui leur est aujourd’hui infligé dans son contexte en clamant haut et fort que Sokolo, Ogossagou, Silgadji, Yagha, Nagraogo et toutes les autres localités martyres de cette maudite guerre anti-terroriste ne sont que des parcelles d’un monde global en feu. 

Cependant force est de relever une flagrante inégalité devant la mort, qu’il s’agisse des dizaines de milliers de victimes de l’immigration criminalisée ou des quatre mille vies fauchées par des attaques  « djihadistes » au Mali, au Burkina Faso et au Niger durant la seule année 2019. Ces dernières suscitent moins de compassion et d’interrogations que quarante et un soldats français morts en six ans de guerre au Sahel.

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Honneur à Samir Amin pour avoir si lucidement identifié le virus libéral et rappelé que « pour le système mondial, les peuples sont de trop... L’Afrique utile, c’est l’Afrique sans les Africains […] Elle est condamnée par la logique même de ce système à être surexploitée. »  

Le ton ouvertement condescendant du Président Emmanuel Macron,offusqué par la demande de retrait de la force Barkhane par une partie des opinions publiques sahéliennes, prouve, s’il en était besoin, qu’entre l’arbre et l’écorce, entre les peuples et leurs mandataires, il y a le doigt de l’ancienne puissance coloniale. Aussi Macron n’a-t-il pas hésité à délégitimer les peuples du Sahel en apostrophant directement leurs leaders : « J’attends d’eux [les Chefs d’Etat du G5] qu’ils clarifient et formalisent leurs demandes à l’égard de la France et de la communauté internationale. »  

Barkhane ou le chaos ? Notre part de vérité.

Le chef d’Etat-major des armées françaises, le général François Lecointre, nous a avertis d’une présence de longue durée. « Nous sommes ici pour assurer notre sécurité pour les 30 ans qui viennent […], car si nous laissons le chaos s’installer les Etats sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes et laisser la place à l’Etat islamique, ce qui provoquera une pression migratoire sur l’Europe, avec tous les risques populistes que cela entraînera ».

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que Barkhane soit sortie renforcée du Sommet de Pau avec 600 nouveaux soldats en plus des 4 500 déployés, depuis le 1er août 2014. 

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Cette option est en porte-à-faux autant avec les efforts de l’UA de faire taire les armes qu’avec les impératifs de la transition climatique.

Le retrait de Barkhane mais aussi de la MINUSMA, s’il n’est pas envisageable dans l’immédiat, doit, par conséquent, être sur la table et examinée avec la sérénité et l’honnêteté intellectuelle qu’exigent la gravité de la situation.  

Nous constations du reste avec étonnement que les valeurs dont se glorifient les « démocraties occidentales » comme étant fondatrices de leur culture politique – égalité, liberté, démocratie, multilatéralisme…- sont foulées aux pieds en Libye depuis 2011 tout comme dans les pays du G5 Sahel, victimes collatérales de la déstabilisation du régime de Mouammar Kadhafi. 

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L’Opération Serval a été décidée par François Hollande sans un vote des députés français comme la Constitution de son pays l’y autorise. Le déploiement de troupes au sol n’a pas non plus été conforme à la requête initiale du président malien par intérim, Dioncounda Traoré. L’appui aérien demandé a été transformé par Paris en déploiement au sol. Alain Juppé, l’ancien ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy s’est publiquement demandé si, ce faisant, la France « n’a pas été un coup trop loin », précisant même : « Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des risques extrêmement élevés et nous sommes seuls… »

Il n’est donc pas vrai que le maintien de Barkhane au Sahel pour une durée indéterminée y instaurera la paix et la sécurité. Nous sommes au contraire persuadés que le prétendu risque de création d’un « sanctuaire terroriste » peut être conjuré si les « démocraties occidentales » reconnaissent les conséquences dramatiques de leurs politiques d’ingérence et l’échec de leur paradigme de développement chez eux comme partout ailleurs. 

La culture, la mère des batailles

La suprématie blanche qui, de plus en plus, s’affiche en Occident est l’expression populaire et décomplexée d’une volonté de puissance et de domination culturelle qui émaille certains discours officiels. La vision hégélienne d’une Afrique imperméable aux progrès persiste. 

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Aussi avons-nous ouvert cet Appel par les propos d’Aimé Césaire. Comme le grand poète martiniquais, nous jugeons central le rôle des hommes et des femmes de culture dans les choix et les décisions qui engagent le destin des peuples. Bien comprise, la culture peut permettre de renouer le fil du dialogue afin de prévenir ou guérir la plupart des maux qui gangrènent nos sociétés. 

Voilà pourquoi « l’urgence de faire taire les armes », l’un des objectifs phares de l’agenda 2063 de l’Union Africaine,  a été le thème de la quatorzième édition de « Migrances ». Elle a eu lieu du 15 au 18 décembre 2019, à Bamako, dans un contexte marqué par la tenue du Dialogue National Inclusif (DNI) institué par le président Ibrahim Boubacar Keita, à la demande de différentes composantes de la nation malienne. Elle a mobilisé cette fois aussi des intellectuel-le-s, des artistes et activistes des sociétés civiles africaines et européennes ayant à cœur de promouvoir un ordre mondial plus juste où chaque peuple vivrait en paix de ses ressources naturelles.

Animés par un tel idéal, nous refusons de nous soumettre à un système inégalitaire, irrespectueux de l’environnement, raciste, sexiste et guerrier.

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Si la corruption est une gangrène dont nos pays doivent impérativement guérir, ellen’en est pas moins l’arbre qui cache la forêt quand il est question des causes profondes du « djihadisme » au Sahel. Hautement corruptrices sont les conditionnalités du financement du développement qui n’est, généralement, consenti que lorsque les objectifs visés sont conformes aux intérêts des bailleurs de fonds. Nous considérons que tout contrat de consultation, de construction, de transport, de fourniture d’équipements, d’aliment, accordé à des experts ou à des entreprises étrangères par-dessus la tête des Sahélien-ne-s, relève de la mauvaise gouvernance et de la corruption. Le secteur de la culture et des arts n’échappe pas aux pressions de certains partenaires. Stigmatisation, suspension de visas, de financement, menacent les voix discordantes.  

Les Chefs d’États sahéliens ne peuvent pas faire fi du ressentiment de leurs compatriotes déçu-e-s à la fois par les fausses promesses de pacification et de développement. Ils ne peuvent pas davantage éviter les risques de surendettement qui se profile à l’horizon avec l’explosion des dépenses militaires. Au point où nous en sommes, le silence des armes est le meilleur hommage que l’on puisse rendre à toutes les victimes, civiles et militaires, africaines et européennes, du « djihadisme » au Sahel.  

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Cela dit, nous réfutons la thèse humiliante d’États sahéliens faillis. Elle accuse un peu trop vite un pays comme le Mali d’être incapable de contenir les flux migratoires et de développer son septentrion qu’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), Ansar Dine et le MUJAO ont envahi, selon les circonstances, en alliés ou en ennemis du Mouvement National de Libération de l’Azaouad (MNLA). Certes, tout Etat a le devoir de subvenir aux besoins de sa population et de la protéger. Mais il ne suffit pas de le vouloir pour le pouvoir : les États du G5 Sahel, affaiblis par les programmes d’ajustement structurel des institutions de Bretton Woods et par les lois du marché capitaliste, souffrent également des   conséquences de l’attaque de la Libye. Ils doivent être refondés et renforcés face à des partenaires internationaux qui, en dépit d’intérêts parfois divergents, savent s’entendre pour nous imposer leur agenda politique.  

La France est-elle disposée à entendre la voix de la raison. Ou vat-elle, au contraire, persévérer sur la voie de sa vieille politique du ‘’diviser pour mieux régner’’, félicitant la Mauritanie et le Tchad de s’être dotés d’instruments sécuritaires performants et d’une doctrine claire de l’engagement de leurs forces armées. Le Niger, lui, est encouragé à rester sur la bonne voie pendant que le Mali et le Burkina Faso sont stigmatisés.

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L’ancienne puissance coloniale ne devrait-elle pas méditer les enseignements de la présence militaire américaine en Afghanistan qui s’est soldée par la mort de plus de cent mille Afghan-e-s, de plusieurs milliers de soldats américains et a coûté mille milliards de dollars ? La voie du dialogue avec les

Talibans que Washington vient d’emprunter ne donne-t-elle pas raison aux Malien-ne-s qui exhortent le président Ibrahim Boubacar Keita à prendre langue avec Iyad Ag Agali et Amadou Kouffa ?

Le véritable goulot d’étranglement dans le dialogue entre Malienne-s tient au fait que l’Europe et les États-Unis croient devoir défendre leur sécurité à partir du Sahel. Or les auteurs des attentats du Charlie Hebdo, du Bataclan, de Nice et d’ailleurs ne venaient pas des pays du Sahel.

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La vérité est que les Etats Sahéliens sont contraints de gérer les conséquences de ce que l’Occident a semé en Afghanistan, en Irak et en Libye. Même l’ancien ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, a été obligé de l’admettre. Il a en effet déclaré en septembre 2014 sur une télévision française : « …Il serait temps que les États-Unis et l’Europe tirent les leçons de l’expérience. … Cela fait treize ans  que nous multiplions les interventions militaires (Afghanistan, Irak, Libye et Mali). En 2001 il y avait un foyer de crise terroriste central. Aujourd’hui il y en a près d’une quinzaine. C’est dire que nous les avons multipliés. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, l’État Islamique c’est l’enfant monstrueux de l’inconstance et de l’arrogance de la politique occidentale. »

Le climat : l’ultime interpellation

La décennie qui commence pourrait bien être celle d’un désastre dû aux émissions de gaz à effet de serre et ce serait accroître ce risque mortel que d’en faire celle de la guerre au Sahel.

Nous constatons avec une amère stupéfaction que le réchauffement climatique, bien que menaçant les conditions de vie des Sahélien-ne-s, n’est pris sérieusement en compte ni dans le diagnostic ni dans la recherche de solutions à la crise. 

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Le Sommet de l’OTAN, à Watford, et la COP25 à Madrid se sont tenus presque au même moment en décembre 2019. Ce hasard du calendrier n’a hélas pas été mis à profit pour souligner le lien entre la protection de l’environnement au Sahel et l’instauration d’une paix durable. Une telle interaction n’a pourtant pas échappé à Emmanuel Macron qui, lors d’une conférence de presse à l’issue du Sommet du G20, en juillet 2017, en Allemagne, a déclaré : « On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique, ou alors il faut aller expliquer aux gens qui vivent au Tchad, au Niger et ailleurs que le climat n’est pas un problème. » Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses propos ne sont pas en accord avec ses actes.  

Nos perspectives

Il est possible de sortir par le haut de ces crises en plaçant des questions majeures au centre de nos préoccupations. Celles-ci vont des fondements culturels de l’extraversion économique aux modèles alternatifs de développement.

Du paradigme libéral et militariste, nous voulons que nos États s’émancipent de toute urgence comme l’exige le dévoilement par un malheureux virus des fragilités du néolibéralisme dont on n’a pas cessé de nous vanter l’efficacité et l’infaillibilité. C’est à cette tâche exaltante et indispensable que nous convions les intellectuel-le-s et les artistes dans le cadre d’une coalition pour une paix durable, la sécurité humaine et le respect de l’environnement au Sahel.

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L’inculture économique et géopolitique étant notre pire ennemi enAfrique, l’objectif de cette coalition est d’abord pédagogique, visant à la fois à mieux faire comprendre les liens entre le local et le global et à renforcer la capacité d’analyse, de proposition et d’anticipation des peuples infantilisés et exclus.

Nous voulons aller vite dans l’invention d’une nouvelle culture politique, la compétition électorale étant réduite à des foires d’empoigne autour des postes pour leurs avantages.

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Imprégnés, dans leurs langues nationales, du lien entre le local et le global, armés d’outils théoriques pertinents, les peuples d’Afrique se battront mieux contre la faim, le chômage, les inégalités et toutes les dérives que le système engendre et entretient.

Le fait que le Secrétaire général des Nations-Unies ait proposé de faire de 2020 l’année de l’écoute des populations par les États est pour nous un motif d’espoir, tout comme sa proposition de réduire encore plus les émissions de gaz à effet de serre. Cette question, vitale pour l’humanité entière, l’est encore plus pour l’Afrique. 

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Nous souhaitons, toutefois, que l’Organisation qu’il dirige se prête, elle aussi, au jeu démocratique de l’écoute des peuples et du respect de leur droit à la liberté de parole y compris des sujets qui fâchent certains membres du Conseil de sécurité.

Nous appelons à faire de la décennie 2020-2030qui commence celle d’une grande ambition continentale fondée sur la confiance en nous-mêmes, la solidarité entre nous et un imaginaire politique, humaniste et écologique.

Notre conviction est que l’initiative de faire taire les armes dont la mise en œuvre est prévue par l’Union africaine (UA), en juillet 2020, ne pourra renforcer et accélérer l’intégration économique que si on évite d’en faire un vaste marché pour les produits des pays tiers. Il est préférable, à notre avis, de stimuler les investissements, notamment de la part des entreprises et États africains, en accordant une priorité absolue à l’industrialisation, à partir de nos ressources naturelles sur des bases écologiquement et socialement saines. Les intellectuel-le-s et les artistes engagés ont un rôle capital à jouer dans le changement de notre regard sur nous-mêmes et de nos comportements économiques souvent extravertis et mimétiques. 

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Nous poursuivrons en 2020 notre combat pour l’intégration régionale à travers l’ECO, monnaie unique qui permettra aux pays de la CEDEAO de mieux défendre leurs intérêts vis-à-vis de pays tiers. Nous exhortons, de ce fait, tous les chefs d’État de la CEDEAO à respecter la décision prise à Abuja le 29 juin 2019 ainsi que la feuille de route arrêtée à cet effet. 

L’année 2020 sera par ailleurs marquée par le renouvellement de l’Accord de Cotonou liant les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) à l’Union européenne. Nous y voyons avant tout une formidable opportunité de nous libérer des contraintes imposées par les Accords de partenariat économique (APE) et d’évaluer les exigences de la réalisation des objectifs de la ZLECA et des autres processus d’intégration en cours au niveau régional et continental. Le pari de la neutralité climatique que l’UE veut gagner d’ici 2050 se joue ici aussi en Afrique. 

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Cette année 2020 marquera également le vingtième anniversaire de la résolution 1325 des Nations-Unies sur « Femmes, paix et sécurité ». Les Etats vendeurs d’armes et pollueurs peuvent-ils respecter les droits des femmes, les grandes victimes de leurs guerres ? Les femmes violentées, violées, déplacées, réfugiées comme celles qui, pour fuir émigrent au risque de leurs vies doivent pouvoir poser ces questions à l’occasion du 75ème anniversaire de l’ONU.

La jeunesse africaine est à écouter, à éduquer et à protéger parce qu’elle est en danger, considérée comme trop nombreuse et une menace pour la sécurité et l’identité de l’Occident du fait de sa mobilité et la couleur de sa peau. Elle n’en est pas moins visée en tant que consommatrice de biens et services des multinationales.

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Le Sommet Afrique/France 2020 qui se tiendra au mois de juin à Bordeaux, en France dont « la ville et les territoires durables » est le thème, devra être l’occasion de clarifier bien des contrevérités et des paradoxes. 

Héritiers et fiers de l’être d’une longue tradition de réflexion et de résistance, laquelle donne tout son sens à cet appel, nous pouvons dire avec le président Modibo Keita que « notre lutte contre le colonialisme ne s’abreuve pas aux sources de la rancune, elle procède de la volonté de mettre un terme à l’humiliation, à l’esclavage moderne, elle a pour finalité la libération de l’homme. » Nous ne le savons que trop bien : les démonstrations de force en Afrique visent surtout à rassurer des opinions publiques occidentales apeurées. À ces frères humains savamment désinformés, nous rappelons les fortes paroles de Thomas Sankara pour qui « … les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique. Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe. Nous avons un avenir commun. »  

Signataires

Aminata D. Traoré (Essayiste-Mali), Boubacar Boris Diop

(Écrivain-Sénégal), Issa N’Diaye (Philosophe-Mali), Jean- Bosco Konaré (Historien-Mali), Cheick Oumar Sissoko (CinéasteMali), Demba Moussa Dembélé (Économiste-Sénégal), Taoufik Ben Abdallah (Économiste-Tunisie),Nathalie M’Dela-Mounier (Écrivaine-France), Cherif Salif Sy (Economiste-Sénégal), Mandé Alpha Diarra (Écrivain-Mali), Kako Nubukpo (Economiste-Togo), Ismaël Diabaté (Artiste-peintre-Mali), Adama Samassekou (Linguiste-Mali), Assétou Founè Samaké (Enseignante-Mali), Bernard Founou (Economiste-France), Diadié Dagnoko (Enseignant-Mali), Ismaël Samba Traoré (Éditeur-Mali), Makhily Gassama (Essayiste-Sénégal), Koulsy Lamko (Écrivain-Tchad), Alioune Ifra N’Diaye (Artiste-Mali), Cheick Tidiane Seck (Artiste-Mali), Mahamadou Konaté (Enseignant-Mali), Mariam Koné (Artiste-Mali), Cissé Mariam Coulibaly (Prof. de géométrie économique-Mali), Abdoul Aziz Koné (Siten’K-Artiste slameur), Diola Konaté (Enseignant-Mali).

Education: la culture de l’excellence fait-elle bon ménage avec le recrutement de volontaires ?

Au Mali, la crise scolaire persistante ressuscite les débats autour de l’intérêt qu’accordent les autorités maliennes à l’enseignement public. La culture de l’excellence à l’école, tant prônée, rime mal avec le recrutement des volontaires.

Oui, c’est l’une des actualités dominantes du pays. Le recrutement des volontaires pour un contrat de six (6 mois), en substitution des enseignants grévistes, est sur toutes les lèvres au Mali. On se demanderait bien si ce recrutement de volontaires fait bon ménage avec la volonté, couramment réitérée du président de la République, de la culture de l’excellence.

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Mauvaise foi politique

L’excellence, une qualité aussi noble qui ne peut s’obtenir qu’à travers un long et dur apprentissage. Mais pour s’appliquer sur soi et vouloir exceller, il faudrait arriver à avoir droit à des cours de qualité à l’école.

Dans un système éducatif où on passe plus de mois en grève qu’à étudier, prôner l’excellence ne peut se traduire que comme une mauvaise foi.

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En effet, le gouvernement malien a affiché au grand jour toute sa mauvaise foi aux Maliens, notamment aux élèves du pays, à travers sa décision de recrutement de 15 300 volontaires au niveau des écoles publiques. Certes, ces volontaires sont des sortants des écoles de formation de maîtres, pour la majorité, mais sur quel critère d’excellence ont-ils été sélectionnés. Aucun ! Qu’attendre comme résultat des gens ramassés sur le tas dans le juste désir de vouloir créer la panique chez un adversaire plus dans le droit ? Rien d’autre que la médiocrité dans nos écoles ? Par cette décision, le gouvernement malien en sauvant sa peau sacrifie comme toujours l’école malienne.

Course au taux de réussite

Aujourd’hui, les faits prouvent suffisamment que les autorités maliennes sont plus mues par la recherche du quota que de la qualité. Que la médiocrité s’empare du secteur de l’enseignement, cela ne leur dit rien tant que les examens arrivent à se tenir et qu’il y a des élèves qui réussissent en grande pompe.

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Ah, oui, ces examens de fin d’année permettent aux autorités de se taper la poitrine pour attribuer le taux de réussite à leur méthode décousue qui ne sert qu’à abattre davantage l’école malienne. Or, ils doivent donner lieu également à des remises en cause pour l’échec de milliers d’élèves ainsi que pour la promotion de la médiocrité par le passage d’élèves sans niveau réel.

Pourtant, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita ne se lasse jamais de répéter, à l’occasion de chaque camp d’excellence, qu’il faut cultiver l’excellence. Ne s’agirait-il pas alors d’une moquerie maligne à l’endroit des Maliens ? Ce qui est sûr, les propos des autorités maliennes ne concordent pas avec leurs faits et gestes. Elles sacrifient l’école publique du pays au profit de la défense de leurs intérêts privés.

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La peur de la mort, une crainte salutaire, mais injustifiée

En raison de la crainte qui l’anime à l’idée de la venue de la mort, l’homme accomplit d’innombrables œuvres dans la volonté de se pérenniser. Pourtant, cette peur de la mort qui l’anime n’a pas une raison assez valable.

La peur de la mort est une crainte acceptable puisqu’elle permet la croissance économique et favorise la lutte pour l’égalité et contre les injustices dans le monde. Toutefois, ce phénomène biologique indique aux hommes qu’ils ne sont pas en mesure de réaliser tous leurs désirs. Ce qui a conduit à toutes les recherches de solution au problème de la mort, depuis la nuit des temps. Les hommes ont réussi jusqu’ici à trouver des moyens pouvant les maintenir en vie le plus tard possible, mais pas jusqu’ici de se pérenniser.

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Se pérenniser par les œuvres

Les hommes font toutes ces tentatives en vue de contrecarrer la mort parce que celle-ci empêche la réalisation totale de leurs désirs. Pourtant, tout ce que fait l’homme dans la vie vise à la préparation de l’avènement de ce phénomène. L’homme travaille dans ce monde sensible en vue de rester en vie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle des philosophes ont accordé plus d’importances à l’œuvre qu’au travail puisque le second vise une satisfaction immédiate alors que le premier persiste même après la disparition physique de l’auteur.

Cette conception de Hannah Arendt constitue une tentative de fuir la mort. C’est la peur de la mort qui se trouve cachée derrière cette conception. Cette crainte s’exprime dans le genre : « Je ne veux pas mourir alors je vais réaliser des entreprises grâces auxquelles on continuera à parler de moi après ma mort. Je ne veux pas que mon nom disparaisse de la terre. Toutes les générations futures doivent me connaître spirituellement et fictivement ».

Chacun travaille alors d’arrache-pied en vue de réaliser de grands projets, de laisser des œuvres à travers lesquelles il survivra après sa mort. Pour comprendre cela, il faut retenir que pour ne pas mourir, les hommes optent pour une vie luxueuse dans la débauche et dans tous les plaisirs tertiaires. Ils font de grandes réalisations qui feront parler d’eux après leur mort.

Tous les grands héros comme Samory, Soundiata, Mahatma Gandhi, Nelson Mandela, etc., ont certes agi pour l’amour de leur patrie, mais également pour la préservation de leur nom après leur mort. Cela est pareil pour tous les grands savants à commencer par Aristote, Galilée, Newton, Albert Einstein, de grands révolutionnaires comme Karl Marx, Mao Tse Toung, etc., ont tous agi pour le bien de l’humanité objectivement, mais subjectivement par la crainte de la mort.

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En milieu bambara

Cette conception rejoint d’ailleurs un adage bambara qui dit que la mort fait disparaître le corps et non pas le nom. Cet adage bien qu’étant vrai garde des points qu’il faudrait revoir à la loupe. La mort fait indubitablement disparaître le corps aussi bien que le nom de tous ceux qui n’ont rien réalisé de grand dans ce monde. Par contre, ceux ayant laissé des œuvres grandioses imprimeront leur nom dans l’esprit de toutes les générations. Aucune génération au Mali n’oubliera le nom d’Abdoul Karim Camara dit Cabral, nul n’oubliera Modibo Keita, pareil pour Léopold Sédar Senghor au Sénégal, etc.

La mort comme voyage dans le monde parfait

Cette crainte de la mort s’explique également par le fait pour certains de se laisser emporter par tout genre de plaisir dans ce monde sensible. Ceux qui agissent ainsi pensent que Dieu a créé la vie et la mort pour que l’homme puisse choisir. Alors, comme Socrate, ceux qui choisissent la mort, c’est-à-dire la vie dans le monde intelligible, n’ont aucune peur de ce phénomène biologique. Au contraire, ils la sollicitent parce qu’ils trouvent que c’est la seule voie qui s’offre à quiconque veut vivre perpétuellement dans le bonheur, la perfection totale. 

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Cette conception n’est-elle pas d’ailleurs proche de celle de toutes les religions révélées. Selon ces dernières le monde ne constitue qu’un lieu de passage, une phase transitoire dans laquelle nous nous préparons pour la vie dans l’autre monde qui est un monde jusque-là inconnu par les hommes.

Par ailleurs, ceux qui ont accusé le philosophe d’impiété n’avaient en réalité rien compris de sa vision ou plutôt, ils avaient opté pour la vie terrestre.

Ce qui explique la peur de la mort

Les hommes fuient la mort parce qu’ils ne savent pas vraiment ce qu’elle est à proprement parler. Le sens que la plupart retiennent de la mort est cette connotation religieuse qui nous explique qu’elle est la disparition totale d’un être sanctionnée par un jugement final au cours duquel le sort de l’individu peut être le paradis ou l’enfer. 

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Le paradis est écrit comme étant le sort des hommes de bien. Tous ceux qui ont passé toute leur vie à la bonne pratique des préceptes de Dieu seront bien accueillis dans ce palais luxueux décrit comme n’ayant pas de ressemblance dans le monde ici-bas et dans lequel nous aurons tous ce dont nous nous sommes privés ici-bas. Par contre l’enfer est le sort des extravagants, des hommes qui se sont détournés de Dieu. L’enfer est décrit par le feu. Les malfaiteurs seront brûlés dans un feu n’ayant pas d’équivalence dans ce monde. Un feu plus brûlant. 

Les hommes sont animés par la peur de la mort parce qu’ils sont dans l’incapacité de s’interroger sur elle. Or, Épicure nous apprend qu’il n’y a pas de raison de craindre la mort puisqu’elle ne rencontre jamais la vie. Au moment qu’elle se présente, la vie s’enfuie, et quand celle-ci se montre, la mort s’efface.

La mort comme juste changement de monde

Or, en analysant ce phénomène de la mort avec un œil philosophique, je dirais qu’il n’y a pas à proprement parler de mort véritable. La mort n’est qu’une disparition physique, une interruption de la vie ici-bas. Alors, c’est le passage d’un monde vers un autre. La mort n’est qu’un recommencement de la vie, on quitte un monde pour rejoindre un autre, une ancienne vie pour une nouvelle. Comme Diderot nous l’apprend, la mort n’est qu’une transformation interminable entre différents états.

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S’étant entaché de péchés et vu tout l’amour de Dieu pour les hommes, il les invite dans son palais afin de les assainir. Donc, la mort a une vertu purificatrice. Cela peut nous amener à comprendre pourquoi il y a tant de ressuscités après la mort. Une fois le cadavre enterré, il est capable de se réveiller dans des périodes bien déterminées grâce à la volonté de Dieu.

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En dehors de cet aspect de la mort, nous avons la mort clinique qui intervient couramment lorsqu’un individu subit une morsure de serpent. Lorsque ce cas se produit, le venin atteint le cerveau et la personne tombe immédiatement dans le coma. Une fois que cette mort clinique se produit pendant que l’individu se trouve dans une zone enclavée où il n’y a pas d’instruments appropriés, il risque d’être enterré vivant.

La problématique de la mort est une question qui ne peut que continuer à susciter des débats. On ne voit en ce phénomène que le premier ennemi de nos projets. Alors qu’il faut plutôt remercier sa présence pour ce qu’elle rend la vie plus noble et digne.

Législatives à Dioïla : Mamadou Diarrassouba et Yiri Keïta toujours sollicités par la population

La campagne pour les élections législatives est ouverte depuis le dimanche 8 mars 2020. À Dioïla, dans la région de Koulikoro, Mamadou Diarrassouba et Yiri Keïta étaient dans la commune rurale de Nangola, ce lundi 9 mars 2020. Ces deux hommes sont toujours sollicités par la population en raison de leurs réalisations dans la zone.

Rendons à César ce qui appartient à César. Il est rare de voir le peuple exprimer sa reconnaissance à un élu en fin de mandat. Mais dans la circonscription électorale de Dioïla, les députés Mamadou Diarrassouba, l’élu de Massigui, et Yiri Keïta, député de Dioïla, sont toujours sollicités par les électeurs de leur circonscription. Ce qui dénote le travail de titan qu’ils ont abattu au service du développement local.

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Reconnaissance rendue

En effet, bien vrai que certaines attentes de la population soient restées en plan comme le bitumage des deux axes menant de Dioïla à Massigui et de cette ville à Kaoulé, ces hommes sont félicités pour mission accomplie.

Ce jeune enseignant originaire de Dioïla, Abdou Marico ne fait aucun doute sur le mérite de l’Honorable Diarrassouba. À l’en croire, il s’agit d’un travailleur et d’un vrai patriote. « Si la phobie d’un travailleur te conduit à soutenir un incompétent. Le tribunal de l’histoire te jugera », lit-on sur son compte Facebook. M. Marico ne fait aucun doute que cet élu ait joué un rôle énorme dans la régionalisation de Dioïla ainsi que dans l’insertion professionnelle de maints jeunes de la localité. Outre cela, contrairement à beaucoup de députés, il a organisé assez de séances de restitution avec les citoyens de sa circonscription, reconnait le jeune enseignant.

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Des engagements réitérés

En campagne ce lundi 9 mars 2020 dans la commune rurale de Nangola, l’honorable Diarrassouba a fait remarquer à la population, sortie massivement l’accueillir, cette vérité éternelle : « Si nous unissons nos forces pour notre pays, je suis persuadé que nous ferons de grandes choses et laisserons aux générations futures un Mali qui gagne. » Ainsi, l’honorable finit par demander aux citoyens de rester uni autour de « la liste RPM pour une paix durable et le développement de notre cercle ». Il promet que les « candidats RPM » resteront « les députés du peuple pour le peuple et par peuple, au service de la nation et du Banico ».

Élections législatives DioilaMeeting commune de Nangola_ 9-03-2020.Les militants du Rassemblement Pour le Mali de Nangola mobilisés pour la victoire de la RPM dans la circonscription électorale de Dioila.

Publiée par Abdoul Karim Traore sur Lundi 9 mars 2020

Pour sa part, l’honorable Yiri Keïta a appuyé ces propos de Diarrassouba en soutenant qu’il n’y a que le RPM pour concrétiser les rêves des populations du Banico : faire de Dioïla l’une « des villes les plus émergentes du Mali ». À l’en croire, « La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter. »

L’honorable Yiri Kéïta, député de Dioïla. Licence: compte Facebook de l’honorable.

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Avec ces deux hommes comme député, le Banco n’a rien à perdre. Au contraire, la circonscription de Dioïla ne peut sortir que gagnante puisqu’il s’agit des hommes soucieux du résultat dans toutes leurs entreprises.

Législatives : l’ouverture de la campagne électorale n’a pas gommé les incertitudes

L’ouverture de la campagne électorale, pour les législatives, est effective depuis ce dimanche 8 mars 2020. La compétition sera rude autour des 147 sièges en jeu.

C’est parti, depuis ce matin à minuit, pour la campagne électorale. Au total, plus de 550 listes de candidatures sont en compétition pour les 147 sièges au sein de l’Assemblée nationale du Mali. Ils sont 7 663 464 électeurs inscrits sur la liste pour 469 centres de vote et 22 147 bureaux.

Malgré l’ouverture de la campagne électorale, l’incertitude, quant à la tenue de ce scrutin, semble avoir gagné plus le terrain.

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En effet, les enjeux semblent nombreux. Ils sont d’ordre sécuritaire et organisationnel.

Enjeux sécuritaires

Sur le plan sécuritaire, rares sont les candidats qui réussiront à battre campagne dans le centre du pays en raison de la crise sécuritaire qui a fait fuir un bon nombre d’électeurs. Dans ce contexte, difficile non seulement à tenir les campagnes, mais aussi à acheminer les matériels électoraux.

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Kacou Assoukpé, directeur de la division des affaires électorales de la mission des Nations unies au Mali (MINUSMA), a invité les autorités maliennes, lors d’un point de presse le jeudi 5 mars 2020, à asseoir plus de sécurité pour la bonne tenue de ce scrutin. « Il faut que le Gouvernement avec l’appui des Forces internationales puisse rassurer les électeurs au plan sécuritaire », a-t-il indiqué.

Quand est-ce qu’il faut agir pour asseoir plus de sécurité ? Les autorités maliennes seront-elles en mesure de sécuriser le déplacement de tous les candidats dans ces zones ? Même si elles réussissaient à le faire, réussiront-elles à convaincre les populations déplacées à retourner rejoindre leur centre de vote ?Autant de questions dont les réponses nous échappent. Mais des questions qui méritent d’être analysées à la loupe.

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Problématique du fichier électoral

Malheureusement, ce n’est pas seulement le volet sécuritaire qui constitue le seul problème. Il existerait un problème de fichier électoral. Selon le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) du chef de file de l’opposition malienne, ce fichier contiendrait les noms de 400 000 personnes décédées. Outre cela, ce fichier comporterait une « absence de plusieurs autres centaines de milliers de nouveaux majeurs. »

Pourtant, le directeur de la division des affaires électorales de la MINUSMA laissait comprendre lors de son point de presse que « Ces élections portent sur un fichier électoral mis à jour en octobre-décembre dernier. Il a été audité par la CENI, les partis majoritaires et d’opposition et des experts internationaux ».

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Cet imbroglio autour du fichier électoral donne à craindre de l’atmosphère de l’après-présidentielle de 2018. Le même problème de fichier électoral s’était posé et a finalement conduit à des dénonciations de tripatouillages de résultats.  

Un contexte difficile

C’est sur ces plaies béantes que s’est ouverte la campagne électorale pour les législatives du 29 mars et du 19 avril 2020. Ces problèmes, s’ils ne sont pas résolus à temps, risquent d’entacher les résultats de ce scrutin. Pire, ils pourraient être de potentielles sources de déstabilisation sociale.

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Certes, la tenue de ce scrutin fait partie des résolutions du Dialogue national inclusif et constitue une condition sine qua non pour la réalisation des réformes politiques et institutionnelles et la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. Mais il ne faudrait pas perdre de vue la stabilité nationale qui est l’intérêt collectif. Vu le contexte actuel du pays, aucune autre situation désastreuse ne nous favorise.

T.P

Le Coronavirus réussit ce dont le terrorisme a toujours rêvé

« On ne doit pas arrêter nos manifestations culturelles et artistiques parce qu’il y a la guerre. Ces manifestations sont des moyens de vaincre l’insécurité en montrant à nos ennemis que nous n’avons pas peur d’eux et que nous sommes soudés. On ne doit pas se laisser déterminer par ces guerres. » Cet argument serait ce que nous tenions pour justifier les manifestations euphoriques que nous organisions partout dans le monde pendant que les attaques terroristes font rage.

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La peur, oui la peur, affaiblit notre système de défense, nous rend incapable d’agir, nous font perdre confiance en nous-mêmes. Elle nous expose du coup aux attaques de l’ennemi. Ah, oui… ah, oui, des arguments solides à défendre.

L’insécurité n’avait pas réussi à nous déterminer irrémédiablement. Car aucun changement dans nos habitudes n’avait été constaté malgré cette insécurité. Mais, hélas, l’idée du Coronavirus semble réussir à atténuer nos habitudes !

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Aujourd’hui, tous ces beaux arguments semblent faibles. Le nouvel ennemi, muni de ses jumelles, a découvert la peur qui nous anime. Les grands rassemblements, des voyages, des compétitions internationales de sport, des manifestations culturelles et artistiques sont ipso facto annulés ou interdits. Qu’est-ce qui est dangereux et craintif pour notre sort !

Bien qu’aucun cas de Coronavirus ne soit encore confirmé à ce jour chez nous au Mali, le courage nous manque déjà de nous tenir debout, face à ce mal. Cette vertu qui nous permet de braver vents et marées.

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En effet… en effet, le Coronavirus semble avoir raison des activités du 8 mars à Bamako. Eh, oui… eh, oui, pour la première fois, le gouvernement malien a annulé cette année la « cérémonie phare [qui devrait NDLR] se tenir [ce NDLR] dimanche 08 mars au Palais de la Culture Amadou Hampaté Ba » par peur de cette pandémie.

À travers ces annulations, le Mali comme les autres pays viennent de montrer au grand jour la victoire de la peur sur le courage. Comme pour dire que « Le courage consiste à dominer sa peur, non pas à ne pas avoir peur. »

Les effets du changement climatique ne se cachent plus à Yélémabougou

Les effets du changement climatique pesant lourd, l’insécurité alimentaire finit par s’installer. Tous les vices se développent par la population afin de subvenir à ses besoins.

Depuis deux ans, les récoltes ne donnent plus à Yélémabougou à cause de l’instabilité des précipitations. Les effets du changement climatique font rage dans ce pays. Cet Etat étant agro-sylvo-pastoral, la population et surtout la paysannerie, qui est la population majoritaire, ne compte que sur ses bras et ses animaux pour se nourrir et faire nourrir tout le reste du pays. Mais durant ces dernières années, la sécheresse emporte aussi les animaux. Leur croissance s’est ralentie à cause de la famine. Ils mettent bas prématurément. Le nomadisme devient une obligation pour tous les grands éleveurs qui se voient dans l’obligation de se déplacer de leur pays à d’autres contrées où le climat est plus favorable. L’insécurité alimentaire a fait de Yélémabougou un État de débauche, où toutes les formes de vices prennent place. 

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L’insécurité alimentaire fait du ravage

L’insécurité alimentaire s’installe dans le pays pour attirer les attentions sur l’évidence du changement climatique. Dans les foyers, plus de tranquillité parce qu’il n’y a plus à manger, et même s’il y en a à manger, c’est insuffisant. Du coup, les couples se divisent à cause de l’infidélité. Les enfants prennent le chemin de l’aventure. Nombreux sont ceux d’entre eux qui meurent dans le Sahara ou deviennent des proies aux requins dans la Méditerranée. Les villages se dépeuplent alors que les villes se remplissent. La délinquance devient le sort des jeunes de Yélémabougou. Plus de respect dans les familles. Les enfants ne respectent plus les parents, les couples ne se respectent plus. 

Tous deviennent des loups les uns pour les autres

Les vieilles personnes sont délaissées à elles-mêmes. Yélémabougou adopte, sans le savoir, le système de famille nucléaire. Les frères sanguins ne soufflent plus dans la même trompette. Ils s’entre-tuent. Aucun jour ne se passe dans ce pays sans que vous appreniez le conflit entre des membres d’une même famille qui s’entre-tuent par coup de machettes. Plus aucun enfant ne se soucie du sort des parents. Chacun pour soi, Dieu pour le diable. La fidélité entre les couples devient un idéal.

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L’adultère devient une réalité commune à Yélémabougou engendrant comme conséquence, des divorces incessants, de la naissance d’enfants sans père connu. Cette situation finit par provoquer des scissions au sein des familles et des communautés. Des conflits intercommunautaires deviennent plus nombreux. L’insécurité s’installe sur tout le territoire. Les tueries se multiplient, les viols de jeunes filles, la prostitution des mineures deviennent le commun de cette population.

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À Yélémabougou, on ne parle plus de droits des enfants, de droits des femmes voire de droits de l’homme. Tout ce qui règne dans cet État, c’est la loi du plus fort. Le règne d’un « état de nature », jamais révolu, est le sort de cette société.

La vie à Yélémabougou devient dangereuse. Plus de paix, plus de prospérité. Le chômage va crescendo parce que tous les porteurs de projet ont peur d’investir dans ce pays.

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Plus de dignité

C’est un État sans honneur. La corruption est la réalité qui prévaut dans toutes les entreprises publiques. Le vol, le braquage, le trafic des stupéfiants sont érigés en norme. Les citoyens développent toutes formes d’activités illicites afin de subvenir à leurs besoins. La vie de la jeunesse, qui est l’avenir du pays, est mise en danger. Celle-ci se drogue instantanément pour s’oublier et vivre dans un bonheur moutonnier. La Chicha a été bien accueillie à cette occasion. Si les autorités luttent contre la consommation de la drogue en incarcérant des consommateurs, avec la Chicha, la drogue est consommée facilement.

Les jeunes n’hésitent plus à basculer dans le terrorisme donnant ainsi plus de force aux terroristes qui deviennent de plus en plus riches au fur et à mesure que l’État de Yélémabougou s’appauvrit. La liberté de circulation est devenue un idéal pour la population puisque nul n’est plus libre dans ses mouvements. En effet, lorsqu’on veut rester en vie et en bonne santé, il faut adopter certains principes de vie. Yélémabougou, actuellement, n’a rien à envier à un pays de haute insécurité où non seulement les terroristes attaquent les populations, mais où aussi les citoyens s’entre-tuent. 

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Une société de violence généralisée

Les effets du changement climatique ne manquent pas à se manifester dans ce pays. N’ayant plus ni à manger ni de travail, aux menaces terroristes s’ajoutent les menaces citoyennes et surtout le braquage à main armée. À une certaine heure de la nuit voire dans certaines zones pendant le jour, impossible de circuler à moto dans ce pays. Ceux qui l’ont tenté sont rarement revenus avec leur engin. Ceux qui ont tenté de se défendre des bandits ont perdu leur vie.  

Pire encore est le cas des espaces scolaires et universitaires de Yélémabougou. Ces lieux d’éducation sont transformés en théâtre d’opérations par les élèves ou étudiants. Les querelles intempestives pour l’acquisition de poste ou de richesse transforment ainsi les écoles en une jungle, en un « état de nature » hobbesien où tous les élèves et tous les étudiants ont peur les uns des autres par crainte d’être assassinés d’une façon malsaine. Les élèves se promènent avec des machettes ou des pistolets automatiques (PA) qu’ils utilisent sur leurs camarades de classe ou sur leurs adversaires lors des candidatures d’élection au bureau du comité scolaire ou universitaire.

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Un État en alerte rouge

Le banditisme ayant pris plus d’ampleurs, Yélémabougou se trouve permanemment en alerte, en état d’urgence. Nonobstant cela, les enlèvements se multiplient, les attaques de toute forme se multiplient.

Yélémabougou devient ainsi un des pays les plus insécurisés au monde avec plus d’enfants-soldats, mais cela est dû à l’insécurité alimentaire. Tous ces vices se développent mais personne n’imagine que le changement climatique pouvait être pour quelque chose. Alors, le président de Yélémabougou, Onar, ayant pris conscience de l’ampleur de la situation finit par comprendre qu’il fallait asseoir une sécurité alimentaire pour vivre dans un État de paix. Cela, en appliquant les mesures appropriées pour lutter contre les effets du changement climatique. Mais le problème était plus profond, les citoyens réclamaient désormais un changement de régime. Avant d’être victime d’un coup d’État, Onar prit le soin d’inscrire son nom dans l’histoire de Yélémabougou en prenant la décision sage d’inviter son peuple à la tenue d’élections libres, crédibles, et transparentes. Des élections au cours desquelles, lui-même, n’était pas candidat. La surprise, la confusion et les interrogations prennent le train.